Habillement : Perspectives avec le "made in France"
# Industrie

Habillement : Perspectives avec le "made in France"

Tony Herblot
, président de Ouest Mode Industrie (organisation professionnelle qui fédère 60 entreprises de confection du grand Ouest) et de l'Association pour la promotion de l'habillement de l'Ouest (APHO)
.


À l'heure de la reprise, comment se portent les entreprises que vous représentez?




Globalement, la filière va un peu mieux. Pendant la crise, la plupart des entreprises de confection ont perdu 30% de leur chiffre d'affaires. Depuis septembre, nous sentons un léger redémarrage de l'activité, qui se traduit, à minimum, par une stabilisation des charges de fabrication et, au mieux, par une augmentation de 5 à 10%.




Comment envisagez-vous l'avenir?


Nous sommes confrontés à de grandes interrogations. La première est liée au drame économique, humain et écologique du Japon. Ce pays est très consommateur de mode "made in France". Aujourd'hui, certains de nos clients nous disent que la baisse de chiffre d'affaires pourrait être de l'ordre de 10, 15, voire 20%. La deuxième inquiétude, c'est l'augmentation du coût des matières premières (coton, lin...) Comment nos clients vont-ils répercuter cette augmentation? Une autre incertitude concerne l'anticipation des départs à la retraite, sachant qu'aujourd'hui l'âge moyen dans les ateliers de fabrication est de 48 ans. Globalement, 20 à 25% des effectifs vont partir à la retraite dans les sept à huit ans qui viennent.




Le "made in France" laisse-t-il entrevoir des perspectives positives




?


Un mouvement est en train de se mettre en route du côté des consommateurs. Sur internet, pléthore de sites mettent en valeur les fabrications françaises. De récents sondages montrent aussi que la cliente française est attachée au "made in France". Aujourd'hui, on voit que certaines marques décident de relocaliser leurs productions. Et nous sommes convaincus que nous devons aller chercher hors de nos frontières des clients susceptibles de faire du "made in France".

  • TROIS QUESTIONS À
# Industrie