Le groupe Pautric reprend l'offensive. Alors que le marché de l'automobile continue sa dégringolade, le distributeur automobile nantais investit massivement. À Cannes, l'entreprise dirigée par Francis Pautric a profité d'un renouvellement de contrat de concession pour reprendre le site BMW/Mini jusqu'alors exploité par le groupe allemand Cloppenburg. « Cette affaire a été très performante dans le passé. Mais elle a connu une forte baisse depuis deux ans », expose Francis Pautric. Sur la Croisette, le Nantais compte faire passer le chiffre d'affaires de la concession auto et moto de 33 à 40 millions d'euros.
Cap sur les Sorinières
En plus de ce rachat, le groupe Pautric investit 22 millions d'euros dans son réseau de quinze concessions qui distribuent exclusivement des marques allemandes (BMW, Mini, Mercedes et Smart). La majeure partie de la somme permet de rénover, de répondre aux nouveaux standards des constructeurs automobiles, voire d'agrandir, des points de vente. Cela a par exemple été le cas à Lyon et à Albi cette année et le sera en 2014 à Saint-Malo et à Saint-Herblain. D'autres concessions déménageront, comme les sites BMW et Mini de Vénissieux en 2014 et de Rennes en 2015. Enfin, une nouvelle concession, toujours aux couleurs de la marque bavaroise, vient de voir le jour au sein du pôle automobile des Sorinières. Outre des espaces consacrés à la vente de véhicules neufs et d'occasion, le bâtiment de 2.600 m² accueille un atelier de réparation ainsi qu'une carrosserie. Moyennant un investissement de 3,5 millions d'euros, cette deuxième concession BMW et Mini de l'agglomération doit permettre au groupe Pautric de capter la clientèle du Sud Loire, pas toujours encline à se rendre à Saint-Herblain, où se situe le site historique de l'entreprise.
BMW et Mercedes résistent
Ces investissements, Francis Pautric ne les réalise pas dans la période la plus faste de l'histoire de la distribution automobile. En 2012, seuls 1,8 million de véhicules neufs ont été immatriculés en France. C'est 15 % de moins qu'en 2011. Et c'est le plus mauvais score enregistré depuis... 1997. « Cela fait cinq ans que nous sommes en crise. Et 2013 est même l'année la plus difficile », commente Francis Pautric. Alors pourquoi investir ? D'abord, « pour être prêt pour la reprise », répond le chef d'entreprise. Ensuite, parce que le segment des voitures haut de gamme résiste plutôt bien. Ainsi sur les neuf premiers mois de l'année, « les ventes de véhicules neufs reculent de 8,5 % en France alors que la baisse se limite à 3 points pour BMW et que Mercedes est stable », indique Francis Pautric. Du coup, le groupe arrive peu ou prou à maintenir son chiffre d'affaires. Et s'il doit composer avec une érosion de ses marges, l'entreprise reste bénéficiaire. N'entrevoyant pas les signes d'une reprise de l'activité, le groupe Pautric devrait, compte tenu du rachat cannois, clôturer son exercice 2013 à 300 millions d'euros de chiffre d'affaires et table sur 340 millions en 2014.
Groupe Pautric
(Nantes) P-dg : Francis Pautric 420 salariés 300 M€ de CA 02 40 95 77 50