Grenoble : GEG met le cap sur la fourniture d'énergie
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Grenoble : GEG met le cap sur la fourniture d'énergie

Energie. Après avoir finalement perdu l'appel d'offres de la ville de Grenoble sur l'éclairage public, la société mixte GEG mise sur la fourniture d'énergie pour se développer. Un secteur dans lequel elle vient justement de décrocher de gros contrats avec la Tour Eiffel ou encore le groupe Courtepaille.

Si l'annonce de la perte du contrat d'éclairage public de la ville de Grenoble, avait fait grand bruit en octobre dernier, la municipalité a fini par trancher en faveur du consortium privé Bouygues/Vinci. « Le segment de l'éclairage public n'a pas un impact économique fondamental, puisqu'il représente 2% de notre CA, mais il est très symbolique car c'est notre métier d'origine », précise Thierry Jacquin, directeur commercial de GEG, qui souligne que le contrat de la ville de Grenoble s'élevait tout de même à 17 M€ sur 8 ans. Outre l'éclairage public et la production d'électricité (qui représente moins de 10% du CA, à travers sa filiale GEG ENeR), GEG a su miser sur d'autres segments pour lui assurer des relais de croissance, tels que la gestion des réseaux de distribution (30%) et la fourniture d'énergie aux particuliers et entreprises (près de 60%). Et c'est d'ailleurs sur ce dernier segment que la SEM entend se démarquer. « Il s'agit du métier qui a le plus changé au cours des dernières années. Avec la nouvelle réglementation du marché de l'énergie, où les tarifs réglementés aux professionnels sont appelés à disparaître le 31 décembre prochain, on passe à une offre 100 % concurrentielle », explique Thierry Jacquin.




Un virage préparé

Un virage auquel GEG se prépare depuis une dizaine d'années. « C'est un métier très compétitif, où les marges sont faibles et où, en plus des acteurs français du gaz et de l'énergie (EDF et GDF Suez ndlr), des groupes italiens, russes ou allemands sont désormais en mesure de se positionner en France », résume Thierry Jacquin. En conséquence, GEG a dû revoir sa stratégie et entamer une réorganisation. Depuis 2 ans, un plan de performance l'a conduit à externaliser certains services, comme une partie du service client au marché de masse tandis que des embauches dans de nouveaux métiers (acheteurs d'énergie, commercial, marketing) et des investissements en formation (équivalents à 4,5 % de la masse salariale) ont aussi été nécessaires. « Ce qui fait qu'au final, nos effectifs sont stables voire en légère baisse », conclut le directeur commercial. Côté stratégie, GEG ne vise désormais plus uniquement les professionnels du bassin grenoblois, mais l'ensemble du Quart Sud Est, pour ne pas dire l'Hexagone. « Nous avons désormais la capacité et les autorisations nécessaires pour fournir les clients en gaz et électricité partout en France », annonce Thierry Jacquin.




Une vocation nationale

La SEM a d'ailleurs franchi un pas l'an dernier en décrochant des contrats avec la Tour Eiffel, le fournisseur d'hydrogène McPhy, et la chaine hôtelière Courtepaille. « Bien que nous restions un petit énergéticien face aux grands groupes français ou européens, obtenir un contrat de 2 ans avec la Tour Eiffel nous permet de nous faire connaître et de montrer que nous ne sommes pas uniquement grenoblois », explique Thierry Jacquin. Reste que la société d'économie mixte, qui souhaite conserver une taille raisonnable, s'est fixé un seuil maximum de 50Gw/h, au delà duquel elle a choisi de ne pas aller démarcher les gros clients, « ce qui représenterait des engagements financiers trop importants ». Son ambition ? Atteindre une croissance de 25 % sur ce segment d'ici les 3 à 4 prochaines années.


*Société d'économie mixte détenue à 50% par la Ville de Grenoble, 42% par GDF Suez, 4% par EDF, 1,5% par le personnel et Caisse des Dépôts, Schneider, Caisse d'Epargne Rhône-Alpes (2,5%).

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