Grand Est : Formation : le « Plan 500.000 » veut répondre aux attentes des entreprises

Grand Est : Formation : le « Plan 500.000 » veut répondre aux attentes des entreprises

Dans la région Grand Est, le nombre d’inscription en formation a progressé de 97% par rapport à l’an dernier.

L’annonce date du 18 janvier dernier : le président de la République, François Hollande, lance le « Plan 500.000 formations » et l’État injecte 1,3 milliard d'euros dans ce nouveau dispositif imaginé pour les demandeurs d’emplois. Le Grand Est est la première région de France a se saisir du dossier et signe une déclinaison régionale de ce plan : 75 M€ pour 25.000 places de formation supplémentaires. Sur le terrain, le Plan 500.000 est déjà concret. En raison d’un détail capital, pourtant souvent mis de côté dans les précédents plans : les besoins des entreprises ont été identifiés, notamment grâce à l’implication des branches professionnelles.

« L’entreprise est vraiment au cœur du dispositif », insiste Fanny Giussani, conseillère régionale déléguée à l’expérimentation en matière d’emploi. « Pour la première, on est parti des besoins pour construire l’offre de formation, en travaillant avec les acteurs des territoires. »




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Après l’annonce présidentielle, un moment de flottement a fait perdre quelques mois : c’est seulement au mois de mars que le Plan 500.000 a démarré. Dans les Grand Est, les chiffres sont au vert : +97 % d’inscription en stage de formation au 30 septembre par rapport à la même période l’an dernier, soit 55.919 inscriptions contre 27.753 en 2015. « En Meurthe-et-Moselle, ce chiffre a même plus que doublé », souligne Imed Bentaleb, sous-préfet chargé des affaires économiques, « puisque nous enregistrons une augmentation de 125 % quand la moyenne nationale est autour de 52 % d’augmentation ». Le Plan 500.000 est donc tourné vers des secteurs d’activité qui embauchent : le bâtiment, l’industrie, la logistique, les services à la personne, l’hôtellerie-restauration. Soit invariablement, depuis 20 ans, les mêmes métiers qualifiés aujourd’hui de « métiers en tension ». « Il faut maintenant faire évoluer les mentalités », avance Imed Bentaleb. « Et faire comprendre conscience que c’est dans ces métiers qu’il y a de l’avenir. » Sans le dire, le sous-préfet pointe l’Éducation Nationale et sa culture de la sélection par l’échec. « Dorénavant, c’est la région qui pilote l’orientation », précise Fanny Giussani : « Il faut travailler avec le rectorat pour redonner ses lettres de noblesse à l’apprentissage ». Un discours qui résonne agréablement aux oreilles de Jean-Marie Becker : le patron de Xardel Démolition, PME (CA : 8,5 M€ ; Effectif : 48) spécialisée dans la déconstruction, est porté par un carnet de commandes bien rempli mais peine à recruter. « Nous cherchons des gens en bonne forme physique, motivés, prêts à travailler. Nous avons aucun prérequis sur la qualification », détaille Jean-Marie Becker.




Des « gens de bonne volonté »



Pour trouver des ouvriers spécialisés dans la démolition, l’équipe de Xardel a donc mis en place un système cofinancé par la région Grand Est, comprenant notamment un « Sas préparatoire » chez Go Formation, débouchant sur un contrat de qualification. « L’enjeu, c’est d’arriver à faire d’un pâtissier ou d’un électricien un ouvrier de démolition ». Actuellement, sept stagiaires sont rentrés chez Xardel Démolition avec la ferme intention de décrocher un CDI. Pour Jean-Marie Becker, « pour les gens de bonne volonté, il y a une réelle possibilité de faire une belle carrière dans nos métiers ».




Renseignements : http://www.alsacechampagneardennelorraine.eu/plan500000