La France produit chaque année 450.000 tonnes de déchets plastiques, dont 220.000 tonnes de bouteilles et 230.000 tonnes de pots et barquettes. À la différence des bouteilles, ces derniers ne sont pas recyclés. «Aucun centre de tri ne sait les traiter, ça va en enfouissement. Nous, nous savons traiter le refus de tri», explique William Perrée, le cogérant fondateur de Geprom. Après deux années de recherche, son entreprise est parvenue à valoriser ces plastiques d'une manière qualitative. «Jusqu'à présent, la matière recyclée n'avait pas un niveau de qualité suffisant pour se substituer à une matière vierge. Comme nous avons réussi à fabriquer une matière de bonne qualité, nous avons été approchés par de grands groupes qui nous ont demandé de passer à la phase industrielle», indique William Perrée. L'industrie automobile et agroalimentaire sont clientes et d'autant plus intéressées que les quotas carbones seront payants pour les industriels dès 2011 au lieu de 2013. L'utilisation de matière recyclée leur permettra d'être moins taxées sur leur bilan carbone.
Un marché prometteur
Depuis décembre dernier, Geprom est installé sur l'ancien site d'Alplast, à Sainte-Marie-aux-Mines. La communauté de communes a porté le projet immobilier et l'approvisionnement énergétique du site. Son rachat et sa réhabilitation ont nécessité 1,8million d'euros. De son côté, l'entreprise a investi 2,5millions dans l'appareil productif. L'activité démarre ce mois-ci, avec 27 personnes. D'ici à trois ans, Geprom a prévu d'atteindre un effectif de 100 personnes, pour un chiffre d'affaires de 44millions d'euros. Cette année, elle s'est fixé un objectif de 14millions d'euros. Ce mois-ci, la société change son statut de SARL en SAS et doit bénéficier d'une augmentation de capital. Geprom est la première en France sur ce secteur d'activité. Mais la concurrence arrive dans l'ouest et le sud du pays. «C'est plutôt rassurant, cela veut dire qu'il y a un marché», analyse le codirigeant.
Des produits innovants
En parallèle à la valorisation des déchets plastiques ménagers, l'entreprise développe également des produits finis innovants. Une stratégie destinée à se couvrir des fluctuations des prix des matières premières dont Geprom est dépendante. En 2009, elle a conçu une palette «intelligente» et en 2010, une borne interactive de dépôt de tous déchets plastiques. Placée à l'extérieur ou en sortie de caisse des supermarchés, elle permettra aux enseignes de fidéliser leurs clients par un système de points offrant des réductions ou au consommateur de convertir directement ses points en cash par le biais d'un porte-monnaie virtuel. Le traitement des déchets aura lieu sur l'unité de Sainte-Marie-aux-Mines. Les bornes, développées en partenariat avec le cabinet strasbourgeois Innovation in Design, seront fabriquées en Alsace. Elles seront proposées à la location ou à la vente. La commercialisation est prévue en juillet prochain. «Nous espérons en vendre 1.000 la première année», annonce William Perrée. Le cogérant n'exclut pas de créer une autre société dédiée à cette activité, ou de la céder. D'autant que le bureau de R&D de l'entreprise prépare un troisième produit cette année. «Nous sommes innovants tous les jours», observe-t-il. Cette capacité d'innovation a valu à Geprom d'être primé deux fois au concours Alsace Innovation organisé par le CEEI, en2009 et2010.
Geprom
(Sainte-Marie-aux-Mines)
Codirigeants: William Pérrée et Patrick Muller 27 salariés Chiffre d'affaires 2010: 450.000euros @email