Georges Dao : Le bâtisseur à énergie positive
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Georges Dao : Le bâtisseur à énergie positive

Bâtisseur visionnaire, le président de Cari vient de recevoir le Prix régional de l'entrepreneur de l'année pour son engagement sociétal. Une nouvelle distinction pour ce chantre de la RSE, figure incontournable de l'économie azuréenne. Rencontre... Gaëlle Cloarec

L'homme dirige l'une des plus belles entreprises des Alpes-Maritimes. Avec 400M€ de chiffre d'affaires, 2.300 salariés et une centaine de gros chantiers en cours, Cari figure parmi les six premières entreprises nationales de BTP. Ses concurrents: Bouygues, Vinci, Eiffage, Spie... Que du lourd! Pourtant, le groupe carrossois leur tient la dragée haute. Son point fort? Son positionnement dès 2004 dans le développement durable et l'efficience énergétique. Une ligne directrice stratégique et visionnaire, derrière laquelle on trouve l'une des figures incontournables de l'économie azuréenne, Georges Dao. Rencontré au sein des Ecolucioles, vitrine du savoir-faire du groupe inaugurée l'an passé, Monsieur Cari sourit: «Je suis un homme à énergie positive.» Le dirigeant a le sens de la formule. Quoi de plus normal pour celui qui peut citer dans une même conversation Saint-Exupéry, Coluche et l'Abbé Pierre? «J'aime les citations, je trouve que ça recadre bien.» On dit de lui qu'il a beaucoup d'idées, et souvent un train d'avance sur les autres. Il réfute. «Moi, je ne fais que copier. C'est plus rapide et bien plus performant que de dépenser de l'énergie à créer.Si les idées des autres sont judicieuses, je les produis.» La force de Cari ne serait donc pas d'innover, mais de faire? Il confirme: «Les gens ont peur d'essayer, pas moi. Ma capacité, c'est de mettre en oeuvre. Je suis un bâtisseur.» Et l'homme d'évoquer ces fameuses Ecolucioles, premier bâtiment HQE du département: «Toutes les actions étaient connues, Cari n'a rien fait d'extraordinaire, si ce n'est de le faire». C'est ça, la méthode Dao!




De Marseilleveyre à Nice

Interrogé sur son enfance marseillaise, Georges Dao parle volontiers de ce lycée pilote «Marseilleveyre»: un établissement mixte, sans surveillant, où les élèves s'auto-disciplinaient et pratiquaient beaucoup de sport. Une aubaine pour ce sportif chevronné, amateur de sensations fortes qui, la veille du LMBO de 2004, acte de naissance du groupe Cari, sautait en chute libre de 4.000m d'altitude. «Il fallait que je le fasse, après, je n'aurais plus eu le droit...» Classes préparatoires au lycée Thiers. Puis montée sur Paris. Polytechnique. Ponts et Chaussées. Le reste de son parcours est bien plus classique. En 1971, l'étudiant Dao fait ses armes à la SGE (devenue Vinci) et attend son heure. L'objectif: «Revenir dans le Sud. Tout me manquait, les couleurs, le soleil, l'ambiance». Par chance, l'attente ne sera pas longue. Cependant, ce ne sera pas Marseille, la «ville adorée», mais Nice et son chantier aéroportuaire. L'extension de la plateforme durera huit années, durant lesquelles l'homme gravit les échelons.




Préserver le capital humain

En 1985, en pleine ère de la décentralisation, Georges Dao est convoqué par sa direction. Des filiales régionales vont être créées. «J'avais un mois pour monter un projet. Si je convainquais, j'avais le poste» se souvient-il. Le dirigeant mise tout sur le personnel. Un impératif, selon lui: «Dans notre métier, on n'a pas de matériel, pas de mobilier, notre seul capital, c'est l'humain. Si vous ne mettez pas du lien entre les hommes, vous ne pouvez pas vivre.» La suite, on la connaît. Georges Dao quitte le géant du BTP en 1989, rejoint l'entreprise niçoise Nicoletti en 1992, rachetée un an plus tôt par le Britannique Tarmac. Ce sont les années de croissance... jusqu'en 2004 où le groupe anglais souhaite se retirer. Le dirigeant et 14 autres cadres rachètent via un LMBO 51% des parts de l'entreprise désormais connue sous le nom de Cari. Opération réitérée en 2008, où cette fois-ci ce ne sont pas moins de 250 cadres qui entrent au capital. Une histoire de motivation et de fidélisation avant tout... Car on l'aura compris, le dirigeant prend soin de ses troupes. Son dernier cheval de bataille: la lutte contre les accidents du travail et son récent appel au Centre d'ostéopathie Atman pour travailler sur l'équilibre de ses équipes. Mais que l'on ne se trompe pas! Georges Dao est un homme d'entreprise. «On peut être humain et aimer l'humain, à un moment donné, il faut des résultats. Le RSE et le développement durable ne doivent pas se faire à la place du profit, mais avec!»

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