Moselle
Gaz de houille : le premier forage a débuté en Moselle
Moselle # Production et distribution d'énergie # Implantation

Gaz de houille : le premier forage a débuté en Moselle

Après être entrée en Bourse en juin dernier en levant 37,5 millions d'euros, La Française de l'Énergie a débuté le forage d'un puits à Lachambre près de Saint-Avold, afin d'identifier les veines de charbon les plus riches en gaz.

« Nous avons lancé le forage dans le courant du mois de décembre dernier du puits CBR-1 à Lachambre, près de Saint-Avold, premier puits de la phase de pré-développement de notre projet de production de gaz de houille. Nous y effectuons les tests et les mesures afin d'identifier les veines sur lesquelles nous prélèverons le gaz de charbon final. » Comme l'explique Fady Nassi, géologue chargé d'études pour La Française de l'Énergie (LFDE), l'entreprise installée à Forbach en Moselle, poursuit son développement. Celle qui se définit encore comme une start-up, et emploie 25 personnes, avait levé 37,5 millions d'euros au mois de juin, en entrant en Bourse sur Euronext Paris. Le pari de son PDG Julien Moulin est alors de « faire revivre les anciens bassins miniers. Utiliser le gaz de charbon, le fameux « grisou » qui effrayait les mineurs pour fournir un gaz local et ainsi moins dépendre des fournisseurs étrangers comme la Russie ou la Norvège. » L'objectif affiché à horizon 2025 est de produire 5 % de la consommation annuelle en France.

Un procédé inédit

Sur le puits CBR-1, « nous avons identifié huit veines, soit plus de 33 mètres cumulés de charbon, et nous sortons des « carottes » de charbon, afin de les étudier et de mesurer le gaz qui en sort, pour déterminer quelles veines sont les plus intéressantes, et les plus prometteuses pour la production future. Pour ce faire, nous utilisons un procédé inédit en Europe de l'Ouest. Pas de fracturation hydraulique comme pour le gaz de schiste, mais nous extrayons le gaz présent dans le charbon entre 1.000 et 1.500 mètres de profondeur, par simple différentiel de pression et sans injection de produits chimiques, à travers le réseau de fissures naturelles du charbon. Ce gaz ainsi produit est composé à 96 % environ de méthane, contre 93 % pour le gaz importé, et par conséquent de très bonne qualité », précise Fady Nassi. 16 entreprises travaillent sur ce projet de forage, qui s'achève dans les prochains jours. Une quarantaine de personnes sont présentes sur le site, en rotation. « Ce type de plateforme nécessite un investissement de 4 à 6 millions d'euros », ajoute Laurence Franke, responsable de la communication de LFDE. « Nous avons préparé les travaux de forage d'un deuxième puits sur ce même site, mais il ne sera pas foré tout de suite. Nous aurons tout d'abord d'ici les mois de mai-juin les résultats des études que nous menons sur CBR-1. Nous avons déjà obtenu de très bons résultats sur nos échantillons, car les analyses effectuées sur les premières carottes révèlent un excellent contenu en gaz, supérieur à 10 m³/tonne. L'analyse pétrographique des carottes en surface confirme la présence d'un réseau de fractures naturelles développé, caractéristique du charbon lorrain ». L'entreprise mosellane a donc validé les objectifs de son puits, et se consacre désormais au forage de la partie déviée du puits afin de tester le potentiel de la veine « Gamma » avec des drains multilatéraux. Mais la production n'aura pas lieu dans les prochains mois. LFDE, qui détient certes les permis de forage et d'exploration, doit ensuite faire certifier ses réserves de gaz par un organisme externe pour faire une demande de concession, « ce qui demande beaucoup de temps, car il faut réaliser un dossier, et nous sommes ensuite tributaires de l'administration. » La Française de l'Énergie possède actuellement six puits en Moselle, avec Lachambre, soit plus de 7000 km² de permis « et des ressources prospectives certifiées représentant six à dix années de consommation française, uniquement sur 30 % de nos permis en Lorraine », explique Antoine Forcinal, directeur général de la société forbachoise. Et en attendant le début de la production d'ici la fin de l'année, voire 2018, Julien Moulin est actuellement en train de multiplier les rendez-vous pour vendre le futur gaz produit aux grands groupes de l'énergie.

Moselle # Production et distribution d'énergie # Implantation