Francis Guillot : Une aventure à visage humain

Francis Guillot : Une aventure à visage humain

«Je suis programmé pour rendre service aux autres». Cette phrase de Francis Guillot, P-dg de la société Aqualux et président de la CCI du Pays d'Arles, résume avec justesse son parcours, animé par la passion d'être au service des entrepreneurs...

C'est inquiet et le visage grave que Francis Guillot nous reçoit dans les locaux d'Aqualux, société installée à Saint-Rémy de Provence, la ville où il a vu le jour en 1949. «Je suis né Chemin des Guillot, j'y ai créé ma première entreprise, je m'y suis marié et j'y habite encore. Depuis 35 ans, j'ai vécu une très belle expérience de chef d'entreprise. J'ai passé de nombreuses tourmentes: le choc pétrolier de 1973, la première Guerre du Golfe, le 11septembre... Mais la crise actuelle est différente. Nous sommes les victimes d'une situation dont nous ne sommes pas coupables», explique-t-il, avant de revenir sur son parcours qui débute en 1964, avec sa volonté de se lancer dans des études techniques et de ne pas reprendre l'exploitation agricole familiale, comme la tradition l'aurait voulu.




Piscine et solaire

«Dès mon certificat d'études, j'ai su que je ne voulais pas suivre le chemin de mon père. Je voulais échapper à la difficulté du labeur dans les champs». Il suit alors des études par alternance et obtient ses CAP de plombier et de chauffagiste. «En 1973, après mon service militaire, j'ai créé, avec un ami d'enfance, l'entreprise Caval-lini/Guillot, dont l'objectif était de proposer du solaire, des pompes à chaleur et des chaudières poly-combustibles», commente-t-il, rappelant que l'un de ses tout premiers clients, a été le comédien Jean-Marc Thibaut, installé à Eygalière. «Je suis intervenu pour une chaudière poly-combustible et il était en train de creuser une piscine. Il cherchait quelqu'un pour installer le matériel de filtration, et je m'en suis occupé. Puis d'autres demandes ont suivi...» De 1973 à 1976, l'entreprise a connu un essort rapide, passant de deux à 38 salariés. «C'est alors que Giscard d'Estaing a choisi la voie du nucléaire et qu'EDF a fait la promotion du chauffage électrique, étouffant le potentiel du solaire. L'activité "piscine" a alors pris de plus en plus de place dans notre chiffre d'affaires. J'ai finalement transmis ma première entreprise aux salariés et j'ai créé Technic'Eau, dont l'objectif était de vendre de l'ingénierie, des études et du matériel. Mes concurrents installateurs sont alors devenus mes clients...», ajoute-t-il avec humour. À cette époque, son épouse Liliane, professeur de comptabilité au lycée agricole de Saint-Rémy, a choisi de quitter l'enseignement pour le rejoindre dans l'entreprise. Elle est aujourd'hui directrice générale d'Aqualux. «Nous sommes complémentaires. Je suis plus attiré par le marketing, la technique et le commercial et, elle, par la comptabilité, les finances et les RH. Cette répartition s'est faite naturellement. À la maison, nous évitons de parler de l'entreprise. Ce qui est plus facile quand tout va bien que dans les périodes difficiles. Mais nous avons su conserver une vie familiale...» Aujourd'hui, son fils Sébastien a intégré l'entreprise comme directeur général adjoint. Pour se différencier de ses concurrents revendeurs, Francis Guillot crée, en 1987, la marque Aqualux, afin d'offrir une véritable différence sur les marchés export (Italie, Espagne, Belgique) auxquels l'entreprise s'attaquait. L'activité "piscine" prend alors une telle ampleur qu'Aqualux devient une entreprise en 1993. «Nous étions près de 90 salariés. Le développement a été très rapide, mais finalement la croissance se gère avec facilité...» Le dépôt de bilan de l'un de ses fournisseurs de liners et de couvertures de piscine conduit Francis Guillot à se lancer dans la fabrication. «Petit à Petit, nous avons intégré davantage de produits». En 2001, Aqualux a ainsi ouvert des bureaux en Chine, en 2005, une unité de production a été installée en Tunisie, et en 2007, un bureau commercial a vu le jour à Bordeaux, ainsi qu'Algérie, et une filiale en Belgique. Aujourd'hui, le climat et la crise économique freinent le développement d'Aqualux (160 salariés), alors que Technic'eau, positionnée sur le solaire, connaît une importante croissance.