PhosphoTech (10 collaborateurs, 2,5 M€ de CA en 2024), fournisseur de produits à base d’ingrédients marins pour les acteurs de la diététique et du petfood, va déménager son siège social de Nantes (Loire-Atlantique) à Paimpol (Côtes-d’Armor). Son PDG, Gwenaël Baudimant, a installé au printemps son entreprise dans un nouveau local de 200 m², que l’entreprise loue dans la zone d’activité de la cité costarmoricaine. Il abrite désormais les fonctions support, la R & D, et un peu de transformations. Tout en gardant un bureau à Nantes.
Être un acteur de la grande chaîne bleue
"Comme nous avons fait du monde marin notre spécialité, venir sur la côte relevait de la logique, note Gwenaël Baudimant. Ici, l’écosystème sait traiter les poissons et les algues : la culture est là et nous offre une facilité d’accès à la matière. Le patrimoine génétique marin est immense. Notre volonté est d’être un acteur de cette grande chaîne, en étant la liaison entre les pêcheurs et les acteurs de la pharmacie."
L’ancien centralien et chercheur de l’Ifremer vante également l’aide "exceptionnelle" reçue de Guingamp Paimpol Agglomération et de la technopole Anticipa. "Cela a été très important pour nous car déménager une entreprise est une opération complexe, souligne Gwenaël Baudimant. Sans surprise, les salariés ont été conquis par l’environnement."
Fournisseur de produits finis ou d’ingrédients pour d’autres recettes
Cet écosystème va être profitable pour une PME qui a été pionnière dans la valorisation des sous-produits de la pêche comme les arêtes et les foies des poissons et de ce que l’entrepreneur appelle l’économie circulaire bleue. PhosphoTech élabore à partir de cette matière première des compléments alimentaires sous forme de capsules, gélules, poudres ou huiles. Les clients de la PME costarmoricaine, des acteurs principalement de la diététique mais également du monde vétérinaire et de l’alimentation animale, les conditionnent et les vendent sous leurs propres marques (50 % de l’activité). Ou ils les utilisent dans leurs recettes (50 %).
"Si toute la R & D est internalisée dans l’entreprise, le transfert industriel se fait chez nos partenaires, qui sont français mais pas encore bretons, pointe le dirigeant âgé de 58 ans. Notre idée est de réduire la distance géographique entre nos partenaires et nous." L’entreprise, qui réalise 30 % de son activité à l’export, principalement vers l’Europe, pourrait également internationaliser une partie de l’outil de production.
PhosphoTech compte également multiplier les partenariats avec des équipes de recherches bretonnes, comme elle le fait déjà avec l’Université de Bretagne Occidentale (UBO) à Brest et des structures hospitalières de la région.
Un projet de grande unité de R & D
Après avoir créé PhosphoTech en 2000, Gwenaël Baudimant a un dernier rêve entrepreneurial : construire une grande unité R & D pour développer des actifs à vocation de santé. "Je travaille dessus, confirme le dirigeant en montrant une vue d’architecte du futur bâtiment. À N plus quelques années, je ferai ça. Et ça sera en Bretagne."