Financement : Les recettes pour réussir sa levée de fonds

Financement : Les recettes pour réussir sa levée de fonds

Malgré des projets séduisants, nombre de PME peinent à lever des fonds pour se développer. Si la crise contribue à cette situation, ces difficultés s'expliquent aussi par une méconnaissance des dispositifs et des attentes des partenaires potentiels. Dossier réalisé par Christian Curtenelle

«Il y a de l'argent pour les bons projets. Mais la crise est passée par là et les investisseurs sont beaucoup plus regardants qu'en période de pleine croissance». Ce sentiment exprimé par Patrick Cadel, du cabinet de conseil rennais Artemis Entreprises et délégué régional Ouest de la chambre nationale des conseils experts financiers, est conforté par les observations de la Banque de France mais tempéré par plusieurs acteurs du capital investissement. Une récente enquête de l'Association française des investisseurs en capital (Afic) et du cabinet Grant Thornton relève que la reprise du capital transmission est sensible alors que le capital développement approche des niveaux atteints en 2008. Mais selon cette étude portant sur le premier semestre 2010, «le financement de l'innovation est menacé». La collecte auprès des personnes physiques et des gestionnaires patrimoniaux ainsi que le retour des investisseurs institutionnels internationaux ne permettent pas en effet de compenser le désengagement des banques et des assureurs français.




Un manque de préparation très pénalisant

«Les banquiers sont beaucoup plus frileux», confirme Henry de Champsavin, un business angel qui s'exprime avec le recul d'une expérience de quinze ans. Il cite l'intervention de son réseau pour soutenir la trésorerie d'une entreprise confrontée à la défaillance d'un de ses fournisseurs que la banque n'a pas voulu aider. L'entreprise n'était pourtant pas, selon le business angel, structurellement menacée. Même quand l'entreprise présente un bilan sain, elle peut avoir du mal à lever des financements, telle cette société de la région nantaise qui a contacté en vain 72 fonds d'investissements avant de séduire finalement un partenaire new-yorkais. «Force est de constater que beaucoup d'entrepreneurs, en dépit d'un projet séduisant, se heurtent après quelques mois de recherche à une réponse négative ou peu intéressante. Elle reflète en réalité la plupart du temps le manque de préparation de leurs dossiers et leur méconnaissance des attentes des fonds de capital développement et autres capitaux risqueurs et business angels», note sur son blog Pascal Mercier, fondateur d'Aelios Finance, une structure parisienne de conseil en financements. Car la clef d'une levée de fonds réussie, aussi «chronophage» soit-elle pour l'entreprise, tient en sa préparation et à la capacité du porteur de projet à convaincre les investisseurs.




L'importance clef des relations humaines

«La levée de fonds, c'est d'abord une question de relations humaines», affirme Henry de Champsavin. «Les fonds d'investissements prennent de plus en plus en compte la dimension humaine de l'entreprise, du porteur comme de l'équipe qui l'entoure», souligne Patrick Cadel qui évoque un véritable «audit social», en citant par exemple l'apport de cabinets spécialisés, comme Valhuom, dans le montage d'un dossier de prise de participation. En phase d'amorçage comme en cycle de développement, l'entrepreneur doit par ailleurs être conscient que l'apport d'argent se traduit par des exigences en retour des investisseurs. D'où l'obligation de fournir des tableaux de bord pertinents et réguliers, même si les fonds interviennent peu dans la gestion opérationnelle de l'entreprise. C'est du «donnant-donnant»!