Haut-Rhin
Fessenheim : EDF accepte le protocole d'indemnisation d'une fermeture anticipée de la centrale
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Fessenheim : EDF accepte le protocole d'indemnisation d'une fermeture anticipée de la centrale

Le Conseil d'administration d'EDF s'est prononcé ce mardi 24 janvier en faveur du protocole d'indemnisation proposé par l'Etat en prévision de la fermeture anticipée de la plus vieille centrale nucléaire de France, Fessenheim dans le Haut-Rhin.

Mise en service en 1977, la centrale nucléaire de Fessenheim devra fermer en 2018. Cette date correspond à la mise en service de l'EPR de Flamanville 3 et, en conséquence, de l'arrêt d'une capacité de production équivalente. C'est ce qui résulte notamment de la loi du 17 août 2015 fixant à 63,2 GW la production d'électricité issue du nucléaire en France.

490 millions d'euros d'indemnisation

Alors que le comité central d'entreprise avait émis un avis négatif concernant l'indemnisation liée à une fermeture anticipée du site de Fessenheim, le Conseil d'administration d'EDF devait voter ce mardi 24 janvier. Ses membres ont tranché et ont approuvé le protocole d'indemnisation.
Dans un communiqué, EDF indique que le protocole prévoir le versement "d'une part fixe initiale couvrant l’anticipation des coûts à engager après l'exploitation (dépenses de reconversion du personnel, de démantèlement, de taxe INB (installation nucléaire de base) et de « post-exploitation »). Cette part fixe est estimée à ce jour à environ 490 millions d’euros avec une prévision de versement de 20 % en 2019 et 80 % en 2021". L'énergéticien évoque de plus une "part additionnelle variable donnant lieu le cas échéant à des versements ultérieurs, reflétant le manque à gagner pour EDF jusqu’en 2041" dont le montant n'est pas communiqué.

« Une perte de 2 000 emplois »

À l'annonce de ce vote, Eric Straumann, président du Conseil départemental du Haut-Rhin, a rappelé « qu'une étude financière du cabinet Secafi avait montré que la perte de recettes pour EDF pourrait atteindre 6 milliards d’euros. [...] L’étude d’impact social réalisée par le cabinet Syndex, a évalué avec la fermeture la perte de 2 000 emplois dont la moitié chez les fournisseurs et les entreprises sous-traitantes ». Actuellement, le site de production nucléaire emploie 750 salariés. L'élu regrette par ailleurs l'absence d' indemnisation allouée au territoire concerné. De son côté, l'association Fessenheim Notre énergie, en faveur du maintien de l'activité de la centrale, estime que « cette décision n’est pas compréhensible. Fessenheim est une centrale nucléaire intégrée dans le parc électronucléaire français, elle ne s’en distingue pas. L’autorité de sûreté nucléaire la considère parmi les plus sûres. Les expertises montrent qu’elle est parfaitement rentable ». Fabienne Keller, sénatrice (LR) du Bas-Rhin considère quant à elle cette issue comme « une volonté de marquer les esprits contre toute logique, puisque si on ferme Fessenheim en raison de son âge, on devrait en toute logique fermer l'année prochaine la centrale de Bugey qui a été mise en service une année plus tard et ainsi de suite pour les autres centrales... » Dans un contexte de préparation à la course vers l'Elysée, le dossier Fessenheim pourrait bien revêtir les contours d'un nouveau Florange.

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