«La fermeture du site est due au départ de nos clients européens vers l'Asie. Cette tendance s'est accentuée depuis 3 ans. Nous subissons par ailleurs la concurrence des fabricants asiatiques qui produisent sur place à moindre coût.» Le constat dressé par Alain Corberand, directeur des relations sociales de FCI, est lucide.
Un marché qui s'est effondré
Spécialisée dans la production de connecteurs pour les marchés des télécommunications et de l'informatique, l'usine sarthoise n'est plus en mesure de fournir un marché européen qui s'est réduit comme peau de chagrin. Dans les prochains mois, les machines seront démontées avant de démarrer une seconde vie dans les unités du groupe en Inde et en Chine. Dur pour les 260 salariés du site, qui doivent reconstruire une nouvelle vie professionnelle en pleine période de récession économique. Conscient des enjeux sociaux liés à l'arrêt de l'usine, FCI a mis les bouchées doubles pour ne laisser personne sur le carreau. «Nous mettons de gros moyens pour le reclassement du personnel. Nous avons nettement majoré l'indemnisation du licenciement : parmi les salariés ayant beaucoup d'ancienneté, certains toucheront jusqu'à 120.000€. Et les plus récents dans l'entreprise toucheront au moins 30.000€», annonce Alain Corberand.
Primes à l'embauche
Outre ce volet financier, FCI alloue un budget conséquent à la cellule de reclassement. Près de dix consultants du cabinet BPI travaillent à temps plein sur le site afin d'explorer toutes les pistes susceptibles de conduire à une embauche : contacts avec les intervenants du bassin d'emploi local et du grand Ouest, aide à la création d'entreprise, mise en place de dispositifs de formation, etc. Le groupe met aussi la main au portefeuille pour inciter les chefs d'entreprise à embaucher ses ingénieurs, techniciens ou ouvriers spécialisés. «Nous offrons une prime à l'embauche pour tout CDI : 1.000€ pour un salarié de moins de 40 ans, 2.000€ entre 40 et 49 ans, 4.000€ au delà de 50 ans. Enfin, si le besoin s'en fait sentir, FCI peut financer une formation à hauteur de 3.000 ? .» Depuis le 9octobre, une quarantaine de personnes ont trouvé à se replacer, et 2 projets de création d'entreprise ont été validés et financés. Certains salariés se verront proposer des mutations internes sur les sites FCI de Mantes ou d'Epernon, ainsi que des missions d'expatriation pour les plus mobiles. Pour les autres, un congé de reclassement prendra le relais fin avril, permettant de continuer à toucher 65% du salaire pour une période allant de 6 à 9 mois.
Le site de la Ferté-Bernard fermera ses portes le 30 avril 2009. FCI mobilise d'importants moyens pour accompagner les 260 salariés concernés par le plan de reclassement.