Première levée de fonds réussie pour Exagan. Au début de l'été, la start-up grenobloise basée à Minatec a bouclé un tour de table de 5,7 M?. Parmi les investisseurs : le fonds CEA investissement et la société Soitec, leader mondial dans les matériaux semi-conducteurs, deux structures dont Exagan est à l'origine un essaimage. CM-CIC innovation ainsi que les fonds d'amorçage Technocom 2 et IRDInov font également partie des investisseurs. « Ce premier volet significatif de financement couronne nos efforts de coopération des cinq dernières années avec le Leti (CEA) et Soitec », estime Frédéric Dupont, P-dg et co-fondateur d'Exagan. « Cette levée de fonds va nous permettre de passer du stade du démonstrateur en laboratoire à celui de la production industrielle », ajoute le dirigeant. L'entreprise est spécialisée dans la technologie des semi-conducteurs en nitrure de gallium (GaN). Une innovation qui permet de mettre au point des convertisseurs plus petits, plus efficaces et moins coûteux.
Un marché à un milliard de dollars
La technologie des composants en nitrure de gallium a été développée depuis le milieu des années 1990 par le CNRS, la société Soitec et le CEA Leti. Exagan a été créée en 2014 dans le but d'accélérer, dans le secteur de l'électronique de puissance, la transition depuis la technologie sur silicium vers la technologie GaN sur silicium. « Les premiers prototypes sont actuellement testés par des partenaires industriels », précise Frédéric Dupont. Le projet d'Exagan est extrêmement ambitieux. « Nous sommes en train de construire ce qui sera le leader européen de la fourniture de composants GaN, estime le P-dg. Il s'agit d'une technologie très prometteuse dont le marché va décoller dans les deux ou trois années qui viennent ». À l'horizon 2020, le marché mondial des composants en nitrure de gallium pourrait dépasser le milliard de dollars. « Nous voulons aller jouer dans le top 5 », s'enthousiasme Frédéric Dupont. Le dirigeant d'Exagan compte notamment sur le « vivier de compétences assez extraordinaire en France » pour réussir à faire face à la future concurrence mondiale issue des États-Unis d'Europe ou encore d'Asie.
Débouchés multiples
La technologie développée par Exagan, Soitec et le CEA devrait trouver des débouchés dans le domaine des interrupteurs de puissance pour les secteurs de l'industrie automobile, de l'énergie ou encore des télécommunications. « Les applications pourront concerner par exemple les alimentations de serveurs dans les datacenter, les panneaux solaires ou les véhicules électriques, précise Frédéric Dupont. Nos composants émettent deux fois moins de chaleur. Cela permet de réduire les pertes thermiques et évite d'avoir à les refroidir ». Des grands donneurs d'ordres, dont les noms ne sont pas encore dévoilés, évaluent actuellement les premiers composants. Courant mai, Exagan avait annoncé la signature d'un accord de partenariat avec le fondeur allemand X-Fab pour la production de composants sur des tranches de silicium de 200 mm. « Ce partenaire industriel va se charger de la production des composants, mais nous allons continuer de fabriquer nous-mêmes le matériau », note Frédéric Dupont. Exagan, qui dispose également d'une branche sur Toulouse, emploie actuellement 6 salariés et vise un effectif de quinze personnes d'ici la fin de l'année. « Nous allons renforcer nos équipes avec des experts seniors dans le domaine des procédés industriels », précise le dirigeant.
Yann Petiteaux
Exagan
(Grenoble) Dirigeants : Frédéric Dupont et Fabrice Letertre 6 salariés www.exagan.com