Qu'est-ce qui explique que le Made in France, en matière d'ameublement, fonctionne mieux à l'étranger que sur le territoire ?
Les Français sont davantage attirés par des créations italiennes, allemandes, voire suédoises. Ils en dégagent une certaine fierté. Au-delà de ce critère, il s'agit d'un problème de coût. Pour le haut de gamme grand public, la conjoncture actuelle n'est pas propice, ni en France, ni à l'export. Les États-Unis se resaisissent tout juste, mais pas l'Europe sauf le Luxembourg et la Suisse.
D'autres débouchés sont-ils possibles ?
L'hôtellerie est une diversification possible. Mais souvent, le marché a une exigence de qualité bien moindre que celle de Turrini. Le haut de gamme dans l'hôtellerie peut répondre à des projets d'indépendants sur des petites séries, mais rarement de chaînes. Pour ce marché, Turrini est confronté à une concurrence avec des pays de l'Est.
Qu'est-ce qui peut créer la différence alors ?
Valoriser le travail avec des designers, qui ont pignon sur rue, comme le fait Turrini, est pour moi la bonne approche. Des meubles signés et fabriqués en France peuvent commencer à éveiller la conscience citoyenne.