Eurolio, European localized innovation observatory, vient d'être inauguré. Installé à Saint-Étienne, cet observatoire de l'innovation se veut une référence européenne en matière d'aide à la décision. Nadine Massard, directrice adjointe du Creuset, préside cette nouvelle structure.
Après son lancement en janvier dernier, Eurolio est officiellement inauguré aujourd'hui. Pouvez-vous nous décrire cette nouvelle structure?
Il s'agit d'un observatoire de l'innovation issu d'une association d'équipes de recherche spécialisées essentiellement en économie. Eurolio, qui signifie European localized innovation observatory, regroupe en fait 5 centres de recherche français, soit une vingtaine de chercheurs: le Creuset pour l'Université Jean Monnet à Saint-Étienne, tête de pont sur ce projet, le Beta de l'Université Louis Pasteur à Strasbourg, le Gretha de l'Université Bordeaux IV, l'Inist à Nancy et le Lereps de l'Université de ToulouseI. Les bureaux d'Eurolio sont physiquement établis sur le bâtiment des hautes technologies à Saint-Étienne. 2 ingénieurs d'étude, 3 sous peu, travaillent déjà pour Eurolio. Nous avons obtenu une aide importante du Feder ainsi que des collectivités locales, notamment du conseil général de la Loire.
Quel est l'objectif de cet observatoire de l'innovation?
Nous nous sommes rendu compte, au fil de nos travaux, que l'innovation est au centre des dynamiques de compétitivité/attractivité des territoires. Les acteurs publics locaux, les régions, les pôles, les agglomérations... ont besoin d'outils de diagnostic territorial et de positionnement en matière d'innovation. L'idée est de fournir des informations complètes pour analyser les dynamiques d'innovation localisées. On veut, par exemple, étudier les choix de localisation, les organisations territoriales pour ce qui concerne l'innovation (pôles, clusters...). Nous allons établir, pour chaque région française, une fiche très précise de son positionnement sur l'innovation par rapport à l'ensemble de l'Europe.
Quels sont vos axes de travail?
Nous avons 3 grands champs d'action. D'abord, nous voulons constituer un centre européen de ressources et de méthodes (brevets, enquêtes du Ministère de la recherche ou d'Oseo...). Nous voulons tout rassembler, croiser les bases afin de fabriquer des sources européennes cohérentes. Notre deuxième champ d'action consiste à constituer un espace d'échange entre chercheurs, producteurs de données et utilisateurs. Et enfin, nous souhaitons, diffuser de l'information statistique sur les dynamiques locales d'innovation auprès des décideurs publics. Les entreprises peuvent également être intéressées pour avoir des données sur l'innovation de leur territoire, l'intérêt d'intégrer tel ou tel pôle...
Avez-vous des exemples concrets?
Nous avons signé, par exemple, deux contrats avec la Diact. Nous sommes chargés d'élaborer un tableau de bord de suivi de l'activité des pôles de compétitivité français. Nous devons, d'autre part, élaborer de nouveaux critères d'analyse de l'innovation. En effet, on sait qu'on ne prend pas en compte toutes les dimensions de l'innovation en retenant uniquement le critère du nombre de brevets.
Quelles sont les perspectives de développement d'Eurolio?
Cette année, nous travaillons entre labos français, si on peut dire. Dès l'année prochaine, nous espérons faire entrer dans notre organisation des centres européens.
- Tél.: 09.53.97.16.56 - www.eurolio.eu