Eurofins : «Nos racines restent nantaises»
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Eurofins : «Nos racines restent nantaises»

Biotechnologies Eurofins transfère son siège social de Nantes au Luxembourg. Directeur financier du groupe, Hugues Vaussy revient sur cette décision ainsi que sur la forte croissance du leader mondial de la bio-analyse.

Hugues Vaussy, le groupe Eurofins transfère son siège social de Nantes au Luxembourg. Dans un billet paru dans nos colonnes en février dernier, nous regrettions que l'agglomération nantaise perde ici son porte-drapeau en matière de biotechnologies. Proxinvest, cabinet de conseil aux investisseurs a dénoncé une décision opportuniste. Pourquoi ce transfert juridique?


Ce qu'a pu indiquer Proxinvest est totalement faux et relève du procès d'intention. Eurofins est née il y a 25 ans à Nantes, où l'entreprise a bénéficié de nombreux accompagnements en sa qualité de start-up. La réalité est tout autre aujourd'hui pour Eurofins. Avec notre développement à l'international, nous avons changé d'échelle. Notre centre de gravité s'est déplacé lors des dix dernières années vers l'Europe du Nord et le Bénélux. La France ne représente plus que 18% de nos revenus et de nos effectifs. Juridiquement, Eurofins a le statut de société européenne depuis 2007. L'équipe de direction du groupe est également devenue plus internationale. Ce sont ces éléments qui nous ont amenés à ce transfert pour être en adéquation avec notre organisation. Nantes, reste le siège opérationnel du groupe en France. Rappelons que nos effectifs nantais sont passés en quinze ans de 45 à 500 collaborateurs. Nos racines restent nantaises et nous continuerons à apporter notre écot à l'économie locale.


Le transfert du siège social d'Eurofins au Luxembourg n'est pas lié à des questions fiscales?


L'incidence fiscale pour le groupe est nulle. Nous avons 200 entités légales réparties dans une trentaine de pays et qui continueront à payer leurs charges et leurs impôts selon la réglementation de ces pays.


Eurofins affiche un chiffre d'affaires de 829millions d'euros en 2011, en hausse de 22 %, et un résultat net qui bondit de 25 à 57millions d'euros. Comment expliquez-vous cette croissance?


Nous récoltons les fruits des investissements engagés par le groupe depuis 2006 avec notamment une forte stratégie d'acquisitions. Nous avons plus que triplé de taille durant cette période. Cela a permis au groupe de renforcer ses parts de marchés et son niveau d'expertise puisque notre catalogue est passé de 10.000 à 100.000 méthodes d'analyse.


Eurofins a repris le mois dernier un laboratoire brésilien d'une centaine de personnes et a signé un accord pour prendre une participation majoritaire au capital du Japonais Nihon Kaknkyo (250 salariés). Cela renforce vos positions à l'international?

Au Japon, Nihon Kankyo représente une opportunité stratégique, en complément de nos activités existantes. Cela renforce significativement notre présence dans la région Asie-Pacifique. Au Brésil, cette acquisition nous permet de prendre le leadership sur le marché national des analyses agroalimentaires et renforce nos parts de marchés sur le segment des analyses environnementales.

Les pays émergents sont-ils une cible prioritaire?
Il est évident que les perspectives y sont intéressantes en raison des nouvelles exigences en matière d'analyses environnementales ou agroalimentaires. On peut par exemple imaginer que le marché chinois va exploser. Nous y sommes présents avec quatre laboratoires. À long terme, nous en aurons peut-être 20 ou 30. Mais cela dépend de l'évolution des normes réglementaires, des cadres juridiques et politiques existants dans ces différents pays. Nous posons en tout cas des jalons sur ces marchés émergents où nous avons déjà créé une quinzaine de start-up.


Le groupe va poursuivre cette stratégie de croissance externe?
L'objectif du groupe est d'atteindre, voire de dépasser, un milliard d'euros de chiffre d'affaires en 2013, et au moins 950millions en 2012. Sur les cinq prochaines années, nous tablons sur une croissance de 10 à 20% par an, dont 5% de croissance organique. La croissance externe reste donc d'actualité. Nous restons à l'affût d'éventuelles opportunités, notamment sur des marchés de niches comme l'agroscience ou la cosmétique.

Eurofins
(Nantes) Président: Gilles Martin CA: 829M€ 10.000 salariés 02 51 83 21 00

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