L a coopérative Eurial (1.900 collaborateurs, environ 850 millions d'euros de CA) va investir douzemillions d'euros sur trois ans, afin d'augmenter sa production de mozzarella à Luçon. Objectif : spécialiser le site sur ce fromage, en utilisant près de 4.000 m² de bâtiments libérés lors de l'arrêt de la fabrication de fromage à raclette en début d'année. « On devrait porter nos capacités, de 80 millions de litres de lait transformés aujourd'hui à 200 millions d'ici à 2016 », annonce le directeur général d'Eurial, Olivier Prételat. De quoi fabriquer environ 20.000 tonnes de mozzarella par an.
Premier fabricant français
Quel sera le coeur de métier du site luçonnais ? Typiquement, il s'agira de conditionnements d'environ 2,5 kg, râpés ou en morceaux, destinés aux pizzerias. Si Eurial possède une autre unité pour ce fromage, située à Herbignac en Loire-Atlantique (HCI) et consacrée aux grandes séries, ce dernier arrive à saturation (plus de 30.000 tonnes produites). Le nouveau site sera, quant à lui, capable de produire de petites séries, avec une multitude de contenus (recettes à faible taux de sel, délactosées, ou encore mélangées à d'autres fromages...) et de conditionnements (jusqu'au fromage en bloc unitaire, commercialisable en GMS).
50 emplois créés à terme
Une manière pour la coopérative de renforcer son leadership. « Nous sommes le premier fabricant français de mozzarella, devant Lactalis et Bongrain », revendique Olivier Prételat. Jusqu'ici Eurial était surtout connue pour son fromage de chèvre (un tiers du chiffre d'affaires) et sa marque phare : Soignon.Pour épauler la centaine de salariés sur place, Eurial prévoit au total une cinquantaine d'embauches. D'abord via la transformation de 20 CDD en CDI. Puis par le recrutement direct de fromagers et de conducteurs de ligne. Dont six ex-salariés du site de Terra Lacta à Mareuil-sur-Lay (marque Le Petit Vendéen), dont la fermeture a été annoncée. Ces derniers sont déjà en cours de reclassement.
Dopé par la vente de pizzasau Moyen-Orient et en Asie
La bonne nouvelle s'explique par une demande internationale dynamique, marquée par « la généralisation des modes de consommations occidentaux ». « Ce fromage mozzarella constitue un marché en hausse de 2 % par an, sur un total d'environ deux millions de tonne », détaille la direction. Résultat, un peu plus de la moitié de la production de mozzarella du groupe nantais part nourrir les consommateurs italiens, britanniques, espagnols, polonais, du Moyen-Orient ou encore d'Asie (Corée du Sud, Japon, Chine, etc.) son marché au plus fort potentiel.
La fin des quotas en vue
La démarche anticipe la fin des quotas laitiers en 2015. Cette perspective conduit aussi les entreprises du secteur comme Eurial à se concentrer, pour préserver leurs parts de marché. En 2013, un premier projet de fusion a ainsi été annoncé avec la branche lait de la coopérative caennaise Agrial (1.700 salariés, 920 millions d'euros de CA). Avant l'annonce d'un autre rapprochement avec Coralis, basé à Rennes (570 salariés, 350 M€ de CA), notamment connu pour sa marque Agrilait. Le projet de fusion devrait être acté lors de l'assemblée générale du groupe coopératif breton au printemps 2014.Il permettra de créer un pôle laitier national, les trois entreprises collectant trois milliards de litres par an.
Eurial
(Nantes)
Président : Jean-Luc Rabillard1.900 collaborateurs900 M€ de CA02 40 68 18 18