Bas-Rhin
ÉS : La centrale de Soultz opérationnelle
Bas-Rhin # Production et distribution d'énergie

ÉS : La centrale de Soultz opérationnelle

À Soultz-sous-Forêts, le site de recherche en géothermie, lancé il y a trente ans autour d'une technologie pionnière de forage, a finalisé sa mutation en site de production d'électricité. La centrale, gérée par Électricité de Strasbourg, peut produire 12.000 MWh par an.

Après plus de 30 ans de recherche autour de ce site pionnier en matière de géothermie profonde, la centrale de Soultz-sous-Forêts est aujourd'hui opérationnelle. « Elle va produire de l'électricité qui sera revendue au réseau », précise Marc Kugler, directeur général du groupe ES, gestionnaire du site. Cette centrale peut produire 12.000 MWh d'électricité par an, soit la consommation annuelle de 2.400 logements. Elle permet d'économiser 950 tonnes de dioxyde de carbone par an soit l'équivalent de l'émission annuelle de 950 voitures. 8M? ont été investis, à hauteur de 67 % par ES et 33 % par son partenaire allemand EnBW (Energie Baden Württemberg), dans la réalisation de cette centrale, les forages ayant déjà été réalisés dans le cadre des travaux de recherche menés sur le site. Celui-ci exploite une technologie unique mise au point ici par un Groupement européen d'intérêt économique (GEIE) composé de différents experts, dont le groupe ES.

Technologie de rupture

Le bassin rhénan fait figure d'exception géologique (avec certaines zones du Sud Ouest et de la Vallée du Rhône) où des sources d'eaux à 200°C affleurent à moins de 5.000m de la surface du sol. Puiser cette eau sans bouleverser l'équilibre du sous-sol et la convertir en énergie exploitable a représenté tout l'enjeu des recherches menées à Soultz. La technologie de rupture mise au point consiste à forer un premier puits permettant d'exploiter l'eau en surface, ensuite réinjectée ? une fois refroidie - à la source via un second puit de forage. Cette technologie a également été utilisée dans la création de la centrale de Rittershoffen, à quelques kilomètres de là, celle-ci à vocation purement industrielle puisqu'elle alimente en chaleur l'amidonnier Roquette. Ces deux sites positionnent ES comme « le premier opérateur français pour la géothermie profonde en bassin d'effondrement », pointe Marc Kugler.

Deux projets à Illkirch et Wissembourg

D'autres centrales géothermiques devraient voir le jour en Alsace. ES se partage avec un autre acteur, Fonroche, les permis exclusifs d'exploiter les zones les plus prometteuses sur ce territoire. Deux projets d'ES sont actuellement bien avancés : à Illkirch, où l'étude sur l'adéquation économique est en cours et à Wissembourg/Lauterbourg. « Les élus y ont en tête d'utiliser la géothermie comme facteur d'attractivité pour des industriels, mais aussi pour le chauffage de serres agricoles et de logements », indique le directeur général d'ES, dont l'objectif est de favoriser l'émergence de centrales géothermiques en co-génération, produisant à la fois de la chaleur et de l'électricité. ES, membre industriel cofinanceur de la chaire strasbourgeoise de géothermie du CNRS, un poste de recherche à l'aura européenne, était un des sponsors du Congrès européen de la géothermie, qui s'est tenu pour la première fois à Strasbourg en septembre dernier. Preuve que l'énergéticien « acteur engagé dans la transition énergétique et la valorisation des énergies renouvelables sur son territoire », est moteur dans la création de cette nouvelle filière où l'Alsace fait figure de pionnière.

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