Eric Boël : « Se démarquer et gagner en compétitivité »
Interview # Industrie

Eric Boël dirigeant des Tissages de Charlieu et président d'Unitex Eric Boël : « Se démarquer et gagner en compétitivité »

Le dirigeant des Tissages de Charlieu et président d'Unitex veut casser l'image d'une industrie textile vieillotte et en déclin. Il assure que la filière se porte mieux qu'au plus fort de la crise, grâce à l'apport de la technologie. Interview.

Le Journal des Entreprises : Comment se porte l’industrie textile aujourd’hui ?

Eric Boël : Le secteur a connu un écrémage ces 20 dernières années en raison de la mondialisation et des acteurs low cost. Mais le textile est une industrie résiliente qui a su évoluer. Depuis deux ans, nos entreprises enregistrent une croissance, de l’ordre de 2 %, et sont dans une phase offensive de conquête de marchés.

Quel est le poids du textile français ?

E. B. : En France, ce secteur représente 2 300 entreprises, 60 000 emplois et 13 Md ? de chiffre d’affaires, dont 8,5 Md ? à l’export. Rhône-Alpes Auvergne est la première région textile de France avec 640 établissements, 20 000 emplois et 3 Md ? de chiffre d’affaires. Nous avons la chance de disposer d’un écosystème unique avec des plateformes de services (Espace Textile), des plateformes techniques (IFTH, Techtera), des outils de promotion (Textival), des centres de formation.

Comment le secteur tire-t-il son épingle du jeu ?

E. B. : L’industrie textile, qui comprend la filature, le tissage, le tricotage et l’ennoblissement, est moins impactée par la concurrence des pays à faible coût de main-d’œuvre que la filière confection. L’industrie textile française est compétitive par l’intelligence technologique et créative de ses produits.

Vous avez des exemples ?

E. B. : L’aéronautique, l’automobile, le médical, le bâtiment, la haute couture, la décoration : tous ces secteurs utilisent nos produits. Les fibres de carbone pour l’avion Rafale, les vêtements du GIGN ou des pilotes de F1, les ceintures de sécurité et les Airbag des voitures, les rideaux et les sièges des châteaux et grands monuments… sont quelques-unes des applications de nos textiles. Nous sommes une industrie qui comprend des débouchés intéressants. Et nous recrutons, aussi bien à la production qu’à l’innovation.

Quel est l’avenir de la filière ?

E. B. : La haute technologie et la créativité sont nos deux cartes à jouer. Le potentiel autour du textile connecté est immense et ce marché va beaucoup se développer. Notre savoir-faire est recherché par le milieu de la mode et du luxe : nous maîtrisons des techniques ancestrales tout en faisant preuve d’une grande créativité.

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