Erevi : Victime collatérale du géant Veolia
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Erevi : Victime collatérale du géant Veolia

Environnement Spécialisée dans la déconstruction et le recyclage de véhicules industriels, la PME de Saint-Chamond a été placée en redressement judiciaire.

Spécialisée dans la déconstruction et le recyclage de véhicules lourds, Erevi (Entreprise de recyclage de véhicules industriels) a été placée, le 21novembre, en redressement judiciaire avec une période d'observation de six mois, par le tribunal de commerce de Saint-Étienne.




«Nous avons fait des erreurs commerciales»

Positionnée sur un marché nouveau et au demeurant porteur, la PME de Saint-Chamond n'a pas obtenu les résultats escomptés pour son premier exercice. Erevi, qui projetait un chiffre d'affaires compris entre 1 et 1,5million d'euro, a dû se contenter de 675.000euros sur 2011. Sur la même période, la jeune société a enregistré un résultat net négatif à -366.800euros et un fonds de roulement lui aussi dans le rouge à -494.700euros. Des indicateurs qui ont rapidement alerté les actionnaires. «Nous avons été placés en redressement judiciaire à notre demande, pour nous couvrir et dans l'optique de sortir de cette situation difficile», précise Frédéric Fertier, P-dg d'Erevi et des Transports Fertier. Et d'ajouter: «Comme toute entreprise un peu jeune, nous avons fait des erreurs commerciales, nous avons mis aussi un peu de temps à maîtriser parfaitement l'outil industriel.» «Outil industriel qui a nécessité des investissements lourds notamment pour se mettre en conformité, d'emblée, avec le classement ICPE et la norme Iso 14.001. Ce qui explique aussi les résultats négatifs du premier exercice», précise Bernard Cuny, actionnaire d'Erevi.




Veolia stoppe les négociations

Pour équilibrer les comptes et donner un peu d'air à leur trésorerie, les actionnaires d'Erevi se sont mis en quête d'un investisseur. Et pas n'importe lequel, puisqu'il s'agit du groupe Veolia. «Nous étions en contact avec Veolia depuis 17 mois. Le groupe nous avait approché après le salon Pollutech. Il devait entrer au capital d'Erevi. Nous avons adapté notre outil industriel à la hauteur de leurs exigences. Nous avons fait les investissements nécessaires pour accueillir un nombre conséquent de véhicules. En clair, nous devions faire la déconstruction de l'ensemble des véhicules lourds des agences Veolia en France, soit au minimum 250 camions par an. Pour ce faire, il nous fallait augmenter notre zone de stockage. Nous avons donc pris un autre bâtiment. Mais du jour au lendemain, Veolia a décidé de stopper les négociations», développe Frédéric Fertier. Et de poursuivre: «Veolia est en train de fermer toutes les vannes. Ils ne peuvent donc plus entrer au capital d'Erevi, mais ils ne souhaitent pas non plus couper les ponts commerciaux avec nous. La situation est un peu compliquée». Suppression annoncée de 100emplois au siège social du géant de l'environnement, poursuite de ses cessions d'actifs d'ici à la fin 2012 - début 2013 pour parvenir à un montant de désendettement de 350millions d'euros... Erevi fait aujourd'hui figure de victime collatérale du recentrage de Veolia.

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(Saint-Chamond) Dirigeant: Frédéric Fertier CA 2011: 675.000euros 5 salariés 04 77 22 13 09 www.erevi.com

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