Eolien offshore : L'avenir se joue au large de la Normandie
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Eolien offshore : L'avenir se joue au large de la Normandie

Initié en 2005 par la société Montpelliéraine La Compagnie du Vent, le projet de parc éolien offshore des Deux Côtes est désormais soumis à débat public. Jean-Michel Germa aura dû patienter cinq ans avant que son ambitieux projet de parc éolien offshore au large des côtes normandes ne soit autorisé à passer sous les fourches caudines du Débat Public. Depuis l'annonce en début d'année de l'installation d'une commission particulière du débat public, l'horizon semble s'être quelque peu éclairci. Le calendrier, qui doit être validé dans les prochains jours, ouvre une période de trois mois durant lesquels les différents intervenants, maître d'oeuvre en tête, vont pouvoir s'exprimer sur le bien-fondé de ce projet qui prévoyait à l'origine l'installation d'un parc de 140 éoliennes (700MW au total) à 14km des côtes au large duTréport. Et pour faire acte de bonne volonté, le porteur du projet, devenu en 2008 filiale du groupe GDF-Suez, se présente aujourd'hui avec «trois scénarios susceptibles d'évoluer dans le temps», assure même Jean-Michel Germa. L'original, tout d'abord, «qui offre le meilleur équilibre possible», estime le dirigeant et qui surtout représenterait «12% de la puissance éolienne qu'il va falloir installer en mer d'ici 2020!»




«Un mix énergétique différent»

Une seconde version, dite Littorale, serait située à 5km des côtes et ne compterait plus «que» 60 éoliennes. «Une solution plus simple, plus économique aussi mais plus impactante», juge Jean-Michel Germa. Enfin, La Cie du Vent propose d'implanter son parc cette fois-ci à 25km des côtes, par 35m de fond, mais avec 320 unités pour une puissance totale de 1.600MW, soit plus du double de la version originale! Un projet «pharaonique», concède le dirigeant qui poserait de sérieux problèmes de coût (près de 5milliards d'euros contre 700M€ pour la version la plus modeste). Chargé d'animer le premier débat d'envergure nationale sur le sujet, Philippe Marzolf, vice-président de la Commission Nationale du Débat Public, a même fait le déplacement au Danemark en mars pour s'imprégner «des expériences étrangères». Au programme, visites de parc offshore et d'usines de fabrication d'éoliennes du côté d'Esberg, dans un pays «où il y a des éoliennes partout», mais où «le mix énergétique est différent du nôtre. Au Danemark, il n'y a pas de nucléaire», rappelle Philippe Marzolf. «Ils ont donc inscrit l'éolien beaucoup plus tôt dans leurs choix politiques». In fine, le débat qui s'engage devra dire «s'il faut développer l'éolien en mer, et si oui à quelles conditions», résume Philippe Marzolf.



Guillaume Ducable




www.debatpublic-eolien-en-mer.org

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