Vivre dans un marché en forte croissance mais à rentabilité en décroissance. C'est la contradiction à laquelle sont aujourd'hui confrontées les sociétés de sécurité (4.000 entreprises, 4 Mds € de CA). En 2009-2010, «il y a eu des fermetures d'usines, des réductions de prestations, notamment dans l'aéroportuaire, des ?réinternalisations? de prestations», liste Guy Roulleau, président de la branche sécurité du groupe rennais Samsic. Résultat, en 2011, «on est à peu près dans le même phénomène qu'en 2010: un tassement des résultats et des marges lié à la croissance des coûts sociaux.» Tassement «qui n'est pas compensé par les augmentations clients.»
Tirée vers le bas
Et pourtant, avec le désengagement de plus en plus important des services de l'État, qui ?privatise? de nombreuses de prestations de sécurité, les perspectives sont plutôt prometteuses pour la profession. Reste que 40 à 50% des contrats se signent après appels d'offres et marchés publics. Et que le gagnant est généralement le mieux disant sur le plan tarifaire. Résultat, c'est toute une profession qui est tirée vers le bas. «Il est donc difficile de trouver la juste adéquation entre le prix de revient et le prix de vente», constate Guy Roulleau. Bref, un marché hyperconcurrentiel dans lequel il est difficile de survivre si vous n'êtes pas adossé à un groupe.
Haro sur le CNAPS
Un contexte qui, à en croire les professionnels, est d'autant plus incertain que le gouvernement souhaite créer, au 1erjanvier 2012, un Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS). Sorte de ?police administrative? de la profession qui délivrera notamment les cartes professionnelles. Mission jusqu'alors allouée aux préfectures. Or, ce sont les entreprises de sécurité elles-mêmes qui seront sollicitées pour financer ce nouvel organe, à travers une taxe représentant 0,5% du chiffre d'affaires, indique Michel Ferrero, président du Syndicat national des entreprises de sécurité (SNES). De quoi malmener encore un peu plus le résultat de ces entreprises, qui avoisine en moyenne les 2%.
Filière Le président du Syndicat national des entreprises de sécurité (SNES) était de passage à Rennes le mois dernier, chez Samsic.