Proposer à ses salariés un apprentissage de l'écrit et de la langue française en lien avec leur secteur d'activités, ça peut paraître surprenant. C'est pourtant ce qu'a mis en place le groupe breton Aber Propreté, grâce aux fonds de formation du FAF Propreté. C'est souvent méconnu - ou inavoué - mais dans les entreprises de nettoyage, les hommes et les femmes de ménage ne maîtrisent pas toujours français. Soit parce qu'ils sont illettrés, soit parce qu'ils sont d'origine étrangère. Un manque qui peut souvent poser problème dans leur univers professionnel.
«Pas comme à l'école»
Face à ce constat, Aber Propreté, grâce aux fonds de formation de la branche (FAF Propreté) a proposé à huit de ses agents de nettoyage de suivre une formation de 250heures. Elle se déroule au centre CLPS de Rennes. Des cours qui n'ont rien à voir avec ceux enseignés à l'école primaire. «L'objet est de bien caler les objectifs pédagogiques aux situations professionnelles rencontrées. Ce n'est pas apprendre à lire et à écrire comme à l'école», précise Françoise Cognasse, responsable au niveau national des projets de branche du FAF Propreté. Décrypter les panneaux de sécurité, les étiquettes de produits ménagers, le fonctionnement des machines... Voilà ce que ces huit femmes - toutes d'origine étrangère - apprennent. Avec un certain succès.
3.750 € par an et par salarié
«On a encore beaucoup de travail, mais ce dont on est certain, c'est que cela rend les gens beaucoup plus autonomes. Les entreprises sont sidérées du chemin parcouru», témoigne Françoise Cognasse. En Bretagne, hormis le groupe Samsic qui a engagé un dispositif au niveau national, seul Aber Propreté s'est jusqu'à maintenant lancé dans cette formation aux écrits professionnels. Et pour cause, à 3.750€ par an et par salarié, c'est une somme non négligeable qui est ainsi mobilisée sur son fonds de formation. Mais si les entreprises bretonnes négligent une telle formation, ce n'est pas seulement en raison de l'aspect financier. «En Bretagne, nous communiquons sur les écrits professionnels depuis peu. C'est un dispositif qui n'a pas été assez décrit auprès des entreprises», explique Liliane Savary, responsable régionale du FAF Propreté. Autre hypothèse, «il y a probablement moins d'étrangers en Bretagne que dans des villes comme LeHavre ou Rouen», importantes cités portuaires. Depuis dix ans, en France, 1.600 salariés de la propreté ont suivi la formation aux écrits professionnels. «En 2004, la branche s'était engagée à consacrer 5% des fonds de la professionnalisation aux écrits professionnels. Nous en sommes à 13%. Avec les salaires, cela représente 3,4M€ par an», souligne Françoise Cognasse.
www.faf-proprete.fr
Face à une forte proportion d'agents illettrés ou d'origine étrangère, certaines entreprises de nettoyage bretonnes se mobilisent pour les former à lire les étiquettes de produits ménagers ou décrypter les panneaux de sécurité.