Entreprendre Paca : Accompagner les entreprises
# Réseaux d'accompagnement

Entreprendre Paca : Accompagner les entreprises

Réseau. Le réseau Entreprendre Paca a récemment fêté ses nouveaux lauréats et signé un partenariat avec l'Adie et Initiative Provence-Alpes Côte d'Azur. L'occasion de revenir sur l'activité de l'association. Entretien avec Patrick François, Pdg de Shark et nouveau président du Réseau Entreprendre Paca...

P


ouvez-vous nous rappeler la philosophie de Réseau Entreprendre ?

La vocation de l'association est d'aider les jeunes créateurs et les repreneurs de sociétés. Nous acceptons de leur prêter de l'argent et, en retour, ils acceptent d'être accompagnés par des "parrains" pour qu'ils puissent toujours s'appuyer sur quelqu'un d'expérience. C'est une formule qui marche plutôt bien puisque notre taux de succès (85 %) à trois ans est supérieur au taux national (60 %). Nous pouvons prêter de 15.000 à 90.000 € dans le cas d'une reprise et de 15.000 à 50.000 € en création. Le remboursement est effectué sur cinq ans, avec un différé de douze mois.


Vous avez restructuré le réseau voici deux ans en créant des structures départementales. Pourquoi ?

Le Réseau avait commencé à Marseille. Mais, petit à petit, Marseille avait essaimé vers les autres départements (Var, Alpes-Maritimes, Vaucluse...) et il était nécessaire qu'ils puissent acquérir leur autonomie.


Quels sont les critères de sélection ?

Nous accompagnons en moyenne une soixantaine de dossiers par an et nous recevons près de dix fois plus de candidatures. Nous jugeons en priorité la capacité des dossiers à créer de l'emploi et la capacité du créateur à participer à un réseau d'échanges. Les lauréats sont alors accompagnés par nos membres (150 à 200 chefs d'entreprise) en fonction d'affinités et de connaissance du marché. En revanche, nous interdisons formellement à nos membres de prendre des parts actives dans l'entreprise qu'il accompagne. Nous ne sommes pas là pour faire des affaires mais bien pour accompagner, sans contrepartie. C'est aussi ce que viennent chercher les créateurs. Par ailleurs, être sélectionné par Réseau Entreprendre permet d'ouvrir les portes des intermédiaires financiers. La sélection se fait en plusieurs phases. Nous avons un premier groupe de trois à cinq personnes qui étudient les dossiers qui arrivent. Il faut l'unanimité entre eux pour que le candidat soit présenté au comité de sélection. Cette partie peut prendre quelques mois, - car le valideur a besoin de compléments d'information -, parfois pour que rien ne débouche. Ensuite le chef d'entreprise défend son dossier et le comité rend son avis.


Depuis quand êtes-vous membre du réseau ?

J'y suis entré voici maintenant vingt ans. Ce sont des amis qui m'ont conseillé de l'intégrer et, en effet, ce réseau a un côté rafraîchissant. Quand on est dans son entreprise, on ne partage pas ses décisions. On est assez seul. Là, on les partage avec des jeunes créateurs. C'est très boostant de discuter avec un jeune chef d'entreprise qui en veut. Cela redonne de l'énergie. J'ai accompagné trois ou quatre entreprises. La dernière était dans le 06 et a vu son chiffre d'affaires passer de 0 à 10 M€ en deux ans et demi. Nous échangions au minimum une fois par semaine et cela a duré trois ans. Il est devenu un ami et nous nous parlons encore tous deux mois.


Vous avez mis en place une nouvelle gamme d'"accompagnés", les entreprises en croissance...


Oui, nous avons décidé de revenir vers les anciens lauréats de Réseau Entreprendre et de les engager dans une seconde phase, pour leur faire franchir un nouveau palier, passer de dix salariés à cinquante par exemple. Nous essayons d'identifier les potentiels de croissance forte avec des partenaires bancaires pour leur donner un coup d'accélérateur.








Vous avez tout récemment signé une convention de partenariat avec l'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique) et Initiative Provence-Alpes Côte d'Azur. En quoi consiste ce partenariat ?


Cette signature de convention est partie du constat partagé que la situation économique

, en dégradation depuis 2009, a fortement détérioré le marché de l'emploi. En Paca, nous sommes particulièrement affectés puisque nous avons un taux de chômage et de cessation d'activité supérieurs à la moyenne nationale. Nos trois réseaux ont développé des techniques adaptées à leur public, notamment en mettant en avant le recours à l'accompagnement. Une plaquette de communication, élaborée par nos trois réseaux a été mise en place. L'idée est en outre de pouvoir réorienter un dossier de l'une vers l'autre de nos structures. Quand nous ne retenons pas tel ou tel dossier, il pourrait y avoir des passerelles vers l'un des autres partenaires...

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