« C'est après ma thèse en mécanique des fluides, faite dans le cadre d'un échange à Grenoble, que j'ai décidé de m'installer ici », résume Chong Li, qui parle désormais couramment français. C'est avant tout sa bonne connaissance du tissu grenoblois, des acteurs académiques, économiques et politiques, qui lui ont donné envie de sauter le pas. « J'étais en contact avec une petite entreprise chinoise de la province de Hebei dans le domaine de la qualité de l'air, qui voulait implanter un centre de recherche en France. Grenoble était le bon endroit pour faire cela ».
Après avoir réalisé plusieurs allers-retours entre la France et la Chine durant un an et demi, Chong Li a développé un réseau de partenaires au sein des deux pays pour bâtir un business model basé sur la collaboration autour de son coeur de métier, la simulation numérique. « J'ai conclu des partenariats avec des entreprises françaises, telles que le grenoblois Solan Développement ou un fabricant français d'épurateurs ». L'idée ? Proposer ensemble une solution de services complète allant de la simulation au traitement de l'air intérieur, à destination des hôpitaux, industriels et à terme, des écoles. « En Chine, il existe beaucoup de sociétés qui travaillent sur la qualité de l'air, mais elles proposent des produits sans réaliser de mesures ou de suivis derrière ».
Tendre la main vers la Chine
La jeune société, immatriculée début 2017, compte aussi sur un autre service pour se faire connaître : l'accompagnement des entreprises qui veulent poser un pied en Chine. « La région Rhône-Alpes est l'une des plus dynamiques, avec des pôles de compétitivité comme Axelera ou Minalogic. Il existe de très belles entreprises qui pourraient avoir plus de contacts avec la Chine, et aider à répondre à des enjeux tels que les smart cities ». Selon lui, les challenges auxquels sont confrontées les entreprises françaises qui s'envolent pour l'Asie peuvent être divers. « En plus de la langue, on a parfois des cycles plus rapides en Chine», croit-il.
S'il ne communique pas encore ses prévisions de chiffre d'affaires pour son premier exercice, il estime que le domaine de la qualité de l'air représente un marché potentiel de plusieurs milliards d'euros. « Avec le dispositif réglementaire 2018-2023 qui fixe des obligations de surveillance dans les établissements publics, 63.000 écoles seront à monitorer début 2020 ». Des négociations sont en cours avec des investisseurs pour une première levée de fonds de 200.000 €, qui devrait être suivie d'un second tour de table pour financer des projets de recherche