« Nous avons terminé 2016 avec 70 millions d'euros de chiffre d'affaires. Nous prévoyons d'atteindre 75 millions d'euros l'année prochaine et 100 millions d'euros à horizon 2020 », lance Philippe Lanoir, président d'Ekium. Spécialisée dans l'ingénierie et l'automation, l'ETI de Bron nourrit de grandes ambitions. Il faut dire que cet été, Ekium a signé un certain nombre d'engagements qui devraient lui assurer une activité récurrente avec environ 500 000 heures annuelles d'ingénierie.
Un contrat-cadre avec Total et une progression du tertiaire
« Ces contrats cadres nous ouvrent les portes de grands sites industriels et nous permettent d'être inscrits au panel des fournisseurs qui seront consultés », explique Philippe Lanoir, le président d'Ekium. Après le CEA, Ekium a remporté cet été un autre contrat-cadre avec Total pour des projets nécessitant 500 à 5.000 heures d'ingénierie. Des projets qui couvrent les 3 business unit du groupe : Raffinage-Chimie, Marketing Service et Exploration-Production). « Et ce sur l'ensemble de leurs sites français et belges. Ce qui représente un potentiel de 10 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel », précise Philippe Lanoir. De son côté, la division ingénierie tertiaire d'Ekium (30 % du CA) affiche une progression significative avec la signature en 2016 de quelques contrats intéressants : la maîtrise d'oeuvre d'un îlot de bâtiments pour le magasin Printemps Hausmann (1 millions d'euros d'honoraires) ; la maîtrise d'oeuvre globale pour la rénovation de 3 immeubles de bureaux du Crédit Agricole de Saint Quentin en Yvelines (3 millions d'euros d'honoraires) ; ou encore la maîtrise d'oeuvre d'un campus universitaire au Maroc auprès de la fondation OCP (2 millions d'euros d'honoraires). Autant de contrats remportés qui confortent Ekium dans ses prévisions de croissance et qui poussent le spécialiste de l'ingénierie et automation à gonfler ses effectifs.
Des ouvertures d'agence
« Sur 2017, nous prévoyons de recruter 100 personnes supplémentaires et d'atteindre ainsi les 850 salariés. L'objectif étant bien entendu de répondre à la charge de travail qui va découler des contrats cadre signés cet été et de la croissance attendue sur nos métiers historiques, à savoir l'ingénierie industrielle, tertiaire et l'automation », précise Philippe Lanoir. Dans cette optique, Ekium devrait poursuivre sa stratégie de maillage du territoire national. « On a ouvert en septembre une agence à Mulhouse qui devrait compter 20 salariés d'ici à la fin 2017. En début d'année, nous allons aussi ouvrir une agence à Rouen pour assurer nos activités récurrentes sur le bassin avec des clients comme Sanofi ou Bolloré. Nous allons aussi ouvrir une agence à Donges Saint-Nazaire notamment pour répondre aux attentes de la raffinerie de Total », détaille le président d'Ekium. Parallèlement à ces ouvertures d'agences, Ekium prévoit aussi de lancer un service de maintenance 24/24h et 7/7 jours qui devrait mobiliser des effectifs et donc générer des recrutements. L'ETI mise aussi beaucoup sur le développement de nouveaux marchés et en particulier ceux de la Smart Industry et de la Smart City. « Nous travaillons depuis quelque temps déjà sur l'industrie 4.0, ce que l'on appelle aussi la smart industry. Cela transforme nos offres classiques et cela doit aussi nous amener des activités sur lesquelles nous n'étions pas jusqu'à présent », confirme Philippe Lanoir. Et d'ajouter : « On voit aujourd'hui de plus en plus d'équipements industriels qui dialoguent entre eux, de lignes de production qui deviennent automatisées et intelligentes. Tout cela nécessite du développement, du paramétrage... On est à mi-chemin entre l'informatique et l'automation et ce sont de nouveaux usages qui se font jour avec de la prédiction et l'analyse de données... Tout ceci est générateur d'activité pour nous. »
Cap sur la smart ingénierie
Idem sur le volet smart City. « Nous travaillons sur des sujets de villes intelligentes, qui consomment moins, qui polluent moins, qui ont une gestion optimisée des déchets. Là encore, cela nécessite de l'ingénierie et donc cela représente des perspectives d'activité intéressantes pour nous », assure le président d'Ekium, qui a notamment remporté un important contrat auprès de la mairie de Paris. Ekium l'accompagne dans la mise en place d'un projet de supervision de 1 300 centres de production thermiques assurant le chauffage de 2 200 bâtiments (écoles, crèches, mairies...). Un projet qui inclut l'expérimentation innovante de d'objets connectés pour collecter des informations " terrain " (températures des locaux, relevés des compteurs d'énergie, etc.) tout en mettant l'accent sur la cybersécurité. Pour l'heure, ces marchés représentent une part infime du chiffre d'affaires d'Ekium. « Sur 2017, la smart ingénierie va représenter une dizaine de postes. Mais c'est important de se positionner dessus car au-delà du chiffre, c'est aussi une vraie transformation de nos activités actuelles. Si nous ne le faisons pas, d'autres le feront à notre place », justifie Philippe Lanoir, qui projette aussi d'accélérer le développement à l'international de sa société. Après s'être ouvert les portes de l'Océan Indien en rachetant Consultec (Île Maurice) au printemps dernier, Ekium projette de « s'européaniser » en mettant le cap sur la Suisse, l'Allemagne, la Belgique et l'Angleterre. « L'idée est d'aller nous implanter soit en croissance organique soit en croissance externe. Nous sommes en train de travailler sur un plan d'action. Nous voulons être en ordre de bataille pour la fin de l'année ou, au plus tard, le début 2018 », conclut le dirigeant.