Les administrateur ;d'EDF n'ont pas voté, ce 6 avril, la demande d'abrogation de l'autorisation d'exploitation de la centrale nucléaire de Fessenheim. En d'autres termes, si les administrateurs de l'énergéticien ont accepté sur le principe la fermeture du site alsacien, ils ont fixé certaines conditions et se sont notamment octroyé un délai avant de demander l'abrogation de l'autorisation d'exploitation. Le décret officiel de fermeture de la centrale ne pourra donc pas être pris avant la fin du quinquennat de François Hollande, dont s'était pourtant une promesse de campagne en 2012.
Un sursis jusqu'en 2019
Dans un communiqué d'EDF diffusé à l'issue du Conseil d'administration, Jean-Bernard Lévy, P-dg d'EDF, a déclaré que « la décision du Conseil, prise en application de la loi et respectant l’intérêt social de l’entreprise, permet à EDF, pleinement engagée dans la transition énergétique, de disposer du parc nucléaire nécessaire à l’accomplissement de ses obligations de fourniture vis-à-vis de ses clients. Je tiens à saluer le travail des salariés et des prestataires de Fessenheim qui exploitent notre outil industriel en toute sûreté et avec d’excellentes performances. Je les assure de la considération que j’apporterai à leur avenir en toutes circonstances ».
De leur côté, les élus locaux ont fait part de leur soulagement à l'annonce de la décision. Jean Rottner, maire de Mulhouse, se réjouit « de la décision courageuse du Conseil d’administration d’EDF, qui vient de refuser la liquidation de la centrale nucléaire de Fessenheim, et ce malgré les intenses pressions du Gouvernement. Le report de la décision de fermeture de la Centrale, qui emploie 800 salariés et constitue un enjeu économique vital pour le sud de l’Alsace, pourra enfin permettre d’associer les territoires concernés et les acteurs locaux (Région, EPCI, communes) aux discussions. La seule indemnisation d’EDF n’est pas suffisante ». Eric Straumann, Président du Conseil départemental du Haut-Rhin, estime quant à lui qu'il conviendra « de prendre pleinement en compte les incertitudes qui pèsent toujours sur l’ouverture en 2019 de l’EPR de Flamanville, de préserver les recettes d’exploitation par un maintien en activité de la centrale de Fessenheim, de sauvegarder les milliers d’emplois et de ne pas porter atteinte au territoire et à son tissu économique. Si les risques de fermeture de la centrale ne sont pour l’instant en rien levés d'ici 2019, de nouvelles perspectives semblent aujourd’hui se dessiner ».
Attendre la nouvelle équipe gouvernementale
La doyenne des centrales françaises ne fermera pas rapidement, contrairement à ce qu'exigeait le gouvernement et particulièrement la ministre de l'Environnement Ségolène Royal. L'association "Fessenheim Notre Énergie", présidée par le maire de la commune, Claude Brender, demandait le 6 avril au matin dans un communiqué au gouvernement « d’attendre la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale et de la nouvelle équipe gouvernementale pour statuer sur l’avenir de la centrale nucléaire ».