Les Allemands seront-ils demain plus compétitifs que les industriels de l'Ouest pour alimenter la région parisienne en produits agroalimentaires? La question peut laisser pantois, mais elle est prise très au sérieux par l'association Ouest Logistique. Ce réseau de transporteurs et de logisticiens de Bretagne et des Pays de la Loire s'inquiète en effet des conséquences sur leurs activités des futures lois issues du Grenelle de l'environnement. Dans leur collimateur, l'écotaxe dont seront redevables, à l'horizon 2011-2012, les poids lourds de plus de 3,5 tonnes utilisant les routes nationales non concédées (ce qui exclu les autoroutes) ainsi qu'une partie du réseau départemental. Destiné à financer les infrastructures, le nouvel impôt renchérira le prix du transport de l'ordre de 2,7% en France. Mais l'augmentation atteindra 3,7% dans les Pays de la Loire et 5,8% en Bretagne. Pourquoi? Parce que les routes nationales gratuites y sont plus nombreuses qu'ailleurs... Respectivement 7e et 5e par leur PIB, Bretagne et Pays de la Loire pourraient donc devenir les deux régions françaises les plus contributrices de l'écotaxe! De quoi faire bondir l'association Ouest Logistique. D'autant que la situation économique du transport routier de marchandises est loin d'être la plus enviable. «L'écotaxe constitue une grande menace pour les entreprises de nos deux régions. Le projet de loi devrait être adapté dans le Sud Ouest et dans le Finistère. Nous demandons que l'ensemble de la Bretagne et les Pays de Loire soient également considérés comme des territoires particuliers étant donné qu'ils sont excentrés», appuie Bruno Hug de Larauze, président d'Ouest Logistique. Et, qu'en conséquence, ces deux régions bénéficient d'une réduction du nouvel impôt.
Le 44tonnes au point mort
Outre l'éloignement du centre de gravité européen, Ouest Logistique se plaint de l'absence d'alternative proposée aux transporteurs. «On impose des taxes au transport routier mais on ne laisse à celui-ci aucun choix». Nouvelle fois montré du doigt, le fret ferroviaire, jugé «pas compétitif», ce qui expliquerait, selon l'association, pourquoi 95% des échanges de marchandises se font aujourd'hui par la route. Autre alternative réclamée par les transporteurs auprès de l'État, la légalisation du 44tonnes. Un dossier qui n'avance pas depuis de nombreux mois. Et ce, en dépit des études «qui montrent les effets positifs sur les plans économiques et écologiques», assure le président de l'association. Enfin, pour couronner le tout, Ouest Logistique s'attaque à l'efficacité même de la loi. «L'écotaxe doit rapporter chaque année 1,2milliard d'euros à l'État. Le problème, c'est que 300M€ seront engloutis chaque année par le coût de collecte. Cela fait beaucoup!», s'exclame Bruno Hug de Larauze. L'argumentation d'Ouest Logistique est bien rodée. Ne reste plus qu'à convaincre les parlementaires.
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Les poids lourds de plus de 3,5 tonnes seront redevables d'une écotaxe à l'horizon 2011-2012. Les transporteurs de l'Ouest demandent à l'État une réduction de ce nouvel impôt au nom des spécificités du territoire.