Mouvement de fonds pour les uns ou épiphénomène pour les autres. L'éco-construction en est encore à ses débuts mais face aux problématiques de développement durable, de réchauffement climatique et de raréfaction des énergies fossiles, de plus en plus d'artisans se tournent aujourd'hui vers elle, soit pour trouver des relais de croissance à leurs activités soit par conviction personnelle. En 2008, 300 artisans de Loire-Atlantique se sont ainsi formés à ces nouvelles techniques (isolation, chauffage,etc.) auprès de la Capeb qui prévoit la mise en place d'un label indépendant d'éco-constructeur début 2010. Ce label permettra aux particuliers et entreprises souhaitant construire ou rénover un bâtiment avec une logique écologique de trouver un interlocuteur fiable.
Si 300 artisans se sont déjà formés à ces nouvelles techniques de construction, il reste cependant du chemin à faire puisque la Chambre de métiers recense dans le département 6.600 entreprises pouvant être concernées par l'éco-construction. Le regard de la profession sur ces premiers éco-constructeurs tend cependant à changer. «Quand j'ai repris la Menuiserie de l'Isac à Nort-sur-Erdre en 2000 j'avais déjà en tête cette dimension écologique pour mon entreprise en privilégiant par exemple les bois locaux non traités et en limitant au maximum les transports. On me regardait alors un peu comme un farfelu. Ce n'est plus le cas», explique Michel Brochu patron de la menuiserie de Nort-sur-Erdre. Pari économique gagné puique de trois salariés en 2000, la Menuiserie de l'Isac en compte 19 aujourd'hui. Surtout, l'ex-entrepreneur farfelu est désormais reconnu par ses pairs. En témoigne son élection à la présidence de la Capeb 44 en 2007.
Nouvelle génération d'artisans
Si le monde de l'artisanat ne se tourne pas encore massivement vers l'éco-construction, le marché étant tout juste émergent, une nouvelle génération d'artisans prend aujourd'hui ce virage, convaincus que la construction conventionnelle est sur le déclin. Parmi eux, François Philipot. Ce trentenaire, ex-cadre dans la gestion des déchets industriels, cherche aujourd'hui à reprendre une entreprise artisanale du second oeuvre employant entre dix et quinze salariés dans la région nazairienne pour la faire évoluer vers l'éco-construction. «Je suis en période d'identification de ma cible. Quand la reprise sera effective, je me donne cinq ans pour la faire évoluer vers l'éco-construction car il faut d'abord former les salariés. On ne peut pas passer comme cela du 100% conventionnel au tout éco-construction».
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Le marché de l'éco-construction, qui vise à construire des logements moins gourmands en énergie, émerge aujourd'hui en France. Certains artisans prennent aujourd'hui ce virage.