Eau & Industrie : Deux innovations primées
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Eau & Industrie : Deux innovations primées

Bureau d'études Doublement récompensé pour ses innovations, le cabinet de conseil auprès des industriels Eau & Industrie dévoile deux projets novateurs. Des projets collaboratifs apportant des solutions économiques et écologiques à l'usage de l'eau en milieu industriel.

Spécialiste des solutions industrielles pour l'économie ou la dépollution de l'eau, le bureau d'études Eau & Industrie finalise en ce moment deux projets collaboratifs innovants. Une fois validés, ces nouveaux procédés devront favoriser la croissance de cette entreprise tournée vers la préservation de l'environnement et même faire émerger une filière dédiée.




Un programme européen d'1,2million d'euros

Le premier projet, soutenu par un programme de recherche européen, est actuellement en phase d'expérimentation. Un champ de 2.000m² de bambous doit traiter 200m³ d'eau sale par jour sur un site du groupe Refrescos (embouteilleur de jus de fruits) dans la Drôme. Briter Water, c'est le nom du projet, réunit un consortium d'entreprises européennes, installées en Allemagne, au Portugal, au Royaume-Uni et en France. Chacune apporte sa compétence technique et scientifique et y investit sa recherche. Coût du projet: 1,2million d'euros, financé à 60% par l'Europe. Eau & Industrie y contribue à hauteur de 130.000euros. «Nous sommes l'intermédiaire entre le concepteur du procédé, Phytorem, et le site industriel pilote dans ce projet», précise Mathias Welschbillig. L'écosystème créé dans le sol des plants de bambou contribue à assainir les eaux usées du site industriel en les rejetant dans le milieu naturel dépolluées ou en les proposant à l'irrigation pour l'agriculture locale. «La flore microbienne en place dans ce sol reconstitué se développe grâce notamment aux racines de bambous», explique Marie Calvez, chargée de projet chez Eau & Industrie. Ce procédé naturel, mais organisé pour éviter toute prolifération de la plante, ne nécessite aucun produit chimique et utilise très peu d'énergie. La production de déchets est ainsi nulle. Si les performances sont validées dans un an, le champ de bambous devrait s'étendre sur un hectare de plantations afin de traiter l'ensemble des eaux de nettoyage du site industriel. «L'objectif est de dupliquer ensuite ce procédé au sein d'autres industries agroalimentaires européennes», ajoute Mathias Welschbillig.




Réduire la pollution à la source

Le second projet a déjà reçu les honneurs de deux concours: Crisalide et les Trophées de l'innovation en Morbihan. «Nous avons découvert un procédé original, inventé par le Québécois Gilles Tastayre, et déjà installé dans des industries au Canada ou aux États-Unis», raconte l'ancien responsable environnement pour l'industrie agroalimentaire.

«Ce procédé réduit la pollution à la source et permet de réutiliser les réactifs de lavage, l'acide ou la soude, 20 ou 30 fois». Green CIP, qui a nécessité 810.000euros d'investissement, est ainsi capable d'enlever le polluant du produit chimique. «Les enjeux sont colossaux: le procédé contribue à réduire de 90% l'utilisation de produits chimiques, à diminuer de 50% sa consommation d'énergie, d'eau et sa production de pollution», constate Mathias Welschbillig. Conséquence: un industriel qui s'équipe du procédé Green CIP peut se passer d'une station d'épuration ou éviter de l'agrandir. Un site Lactalis des Deux-Sèvres, à Riblaire, est en test depuis un an. Les conclusions sont positives: 85% de rendement de dépollution. «La performance des produits chimiques régénérés est aussi bonne que lorsqu'ils sont neufs», complète le dirigeant qui s'est appuyé sur les travaux d'un ingénieur de la plateforme Prodiabio de Pontivy pour donner de la légitimité scientifique à un procédé pourtant déjà éprouvé. Plus besoin de nombreuses solutions de lavages, plus besoin d'eau en quantité: les industriels peuvent nettoyer leurs outils en circuit fermé.




Contourner les lobbyistes

Pour commercialiser ce procédé, Eau & Industrie et son partenaire Barrault Recherche ont créé Elodys International. Les deux premiers lanceront les audits et les conceptions des équipements pendant que la dernière mettra en oeuvre l'industrialisation du procédé Green CIP. À terme, cette nouvelle entreprise devrait permettre la création de nombreux emplois au niveau international. Et si Eau & Industrie est quasiment assuré de convaincre certains de ses clients, parmi lesquels on compte Yves Rocher, Glon, D'Aucy, la Brasserie Lancelot, Nestlé ou Danone, l'entreprise doit tout de même contourner le lobby international de groupes tels que Lyonnaise des Eaux ou Veolia. Des groupes qui ne voient pas d'un très bon oeil la baisse de consommation de leur produit, l'eau...

Eau & Industrie



(Pluméliau) Dirigeants: Mathias Welschbillig et Éric Bertet Effectif: 21 personnes (dont 7 à Pluméliau) Chiffre d'affaires 2010: 2,5millions d'euros Tél.: 02 97 51 97 73.

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