E : Berthier : «Les entreprises ne doivent pas hésiter à nous faire part de leurs difficultés»
# Conjoncture

E : Berthier : «Les entreprises ne doivent pas hésiter à nous faire part de leurs difficultés»

Nouveau préfet de la Sarthe, Emmanuel Berthier supervise le plan de suivi territorial de l'économie dans le département, en concertation étroite avec la Trésorerie générale, la Banque de France et Oséo.



Vous venez de quitter la Guadeloupe pour la Sarthe. Quelle est la mission que vous confie François Fillon, dans un département auquel il est particulièrement attaché?

François Fillon n'est effectivement pas étranger à ma nomination. Ma mission est celle de tout préfet: appliquer la loi, mettre en oeuvre la politique du gouvernement, animer et diriger les services de l'État.


Les préfets sont en première ligne pour l'application du plan de relance de l'économie. Le monde des entreprises vous est-il familier?

Mes études et mes fonctions m'ont conduit à m'intéresser de longue date aux questions économiques. Outre l'Ena, je suis diplômé de l'Essec, et j'ai eu l'occasion de travailler dans de grandes entreprises. J'ai par exemple assuré durant deux ans et demi une fonction de contrôle de gestion chez Elf. Je me sens parfaitement en mesure de coordonner le suivi territorial d'aide aux PME.


Comment analysez-vous la crise actuelle?

C'est d'abord une crise financière, qui touche désormais l'économie réelle. Cela suppose des moyens de coordination au niveau mondial, européen, national et territorial. Mon rôle est de coordonner les mesures de relance en direction des banques, des entreprises et des ménages.


Alors que se multiplient les mesures de chômage partiel et les plans sociaux, que proposez-vous sur le front de l'emploi?

Nous allons soutenir l'emploi en développant les contrats aidés: 100.000 de plus sont prévus en 2009. Nous ferons également le point sur les contrats de transition professionnelle. Et nous suivrons de près les conventions de revitalisation.


Quels sont les moyens alloués au plan de sauvetage des PME?

Au niveau national, le gouvernement a créé un fonds spécifique d'aide aux PME de 22 Md€, dont 5 Md€ portés par Oséo. Par ailleurs, René Ricol, le médiateur, traitera non seulement les problèmes de crédit mais également d'assurance-crédit.


Comment déclinez-vous ce plan de soutien à l'échelon local?

Nous nous réunissons chaque mardi avec les directeurs de la Trésorerie générale, de la Banque de France, de la Fédération bancaire sarthoise et d'Oséo. C'est une façon de s'assurer que le dispositif de médiation du crédit fonctionne bien pour les entreprises.


Avez-vous reçu beaucoup de demandes d'aide?

Pour le moment, 10 dossiers sont en cours d'analyse. 2 ont été traités positivement, 6 sont en cours d'analyse, et 2 remonteront vraisemblablement au niveau du médiateur du crédit.


Les patrons connaissent-ils suffisamment les aides qui leur sont destinées?

Je vais écrire aux entreprises et à l'ensemble des responsables financiers et bancaires sarthois afin de faire connaître ces mesures. Je demande aux entreprises de ne pas hésiter à nous faire part de leurs difficultés, le plus tôt possible. Tous les dossiers sont traités avec une totale confidentialité.


Comptez-vous mettre en place d'autres actions?

J'ai l'intention de tenir 2 réunions mensuelles, l'une avec les banquiers de la place, l'autre avec les principaux responsables économiques locaux.

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