Du concept de rentabilité au mode survie
# Conjoncture

Du concept de rentabilité au mode survie

La crise a profondément changé la donne pour les entreprises en termes de rentabilité. Le défi pour beaucoup d'entre elles en 2009 sera d'atteindre le point d'équilibre ou de ne pas accumuler trop de pertes. Bref survivre.

Des années de croissance, d'investissements et de profits confortables et puis... patatra. La crise déboule et remet tout en cause. Jusqu'à l'existence même de l'entreprise. Que faire en effet quand ses marchés s'écroulent du jour au lendemain de 50% et quand son carnet de commandes se réduit brutalement comme peau de chagrin? Cette situation, nombre d'entrepreneurs ligériens l'ont vécue, et la vivent encore. La plupart d'entre eux se sont très tôt mis en mode survie. «Ce qui caractérise cette crise, c'est la rapidité à laquelle les carnets de commandes se sont effondrés. Face à cette situation exceptionnelle, les chefs d'entreprise ont réagi très vite par rapport à leurs stocks, à leurs effectifs, etc.», constate Catherine Boucher, directrice régionale de la Banque de France. Conséquence: si le nombre de défaillances d'entreprises explose-chose incontournable en temps de crise-, la majorité des belles PME régionales, celles qui se sont structurées avant que la tempête ne se déclenche, est restée debout. Affaiblies certes, mais encore vivantes. À quelques exceptions près, peu de fleurons régionaux ont dû définitivement jeter l'éponge. Reste que le parcours du combattant est loin, pour elles, de se terminer. Les marchés sont plus rares, la concurrence devient de plus en plus acharnée, ce qui, inévitablement débouche sur une guerre des prix et une dégradation des marges. À cela s'ajoutent, les difficultés de financement, notamment de trésorerie. Avec dans la ligne de mire de nombreux entrepreneurs, les banquiers, souvent accusés de ne pas jouer le jeu, ce dont ces derniers se défendent (lire ci-contre). Alors à quelle bouée s'agripper? Elles sont rares. Les différents plans de relance initiés par l'État et les collectivités offrent un peu d'air. Notamment aux entreprises du bâtiment et des travaux publics. Mais ne sont pas suffisants pour maintenir la barque totalement à flot. Saluons aussi quelques initiatives comme le prêt de redéploiement industriel initié par le conseil régional et la place bancaire locale, destiné à donner une bouffée d'oxygène aux PME rentables jusqu'en 2008. Reste sinon à tenter de se positionner sur des marchés encore porteurs. C'est ce que fait par exemple le Nantais Saunier Duval en se lançant dans le solaire thermique. C'est ce qu'espère aussi réaliser STX dans l'offshore ou le militaire. Pour les autres, ils n'ont plus qu'à faire le dos rond et espérer tenir jusqu'à une reprise que tout le monde espère rapide.

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