Drone Act change d’échelle. Basée à Malestroit (Morbihan), la PME spécialisée dans la conception et la fabrication de drones professionnels s’apprête à passer d’une logique de prototypage à une production industrielle, portée par la dynamique de la filière Défense et les ambitions nationales autour du drone souverain. Pour cela, elle a pris possession de nouveaux locaux, sur 650 m², à Saint-Abraham, près de Malestroit.
De l’atelier de prototypage à la petite série
Depuis une dizaine d’années, Drone Act conçoit des aéronefs télépilotés sur mesure pour l’armée et de grands industriels, en travaillant au plus près des cahiers des charges opérationnels, qu’il s’agisse de drones de combat, de surveillance ou de plateformes d’essai. L’entreprise, créée en 2014, s’est forgé une expertise pointue en mécatronique, impression 3D et fabrication additive, qui lui permet de passer rapidement du bureau d’études au terrain.
Cette culture du prototype a fait la réputation de la société, mais "elle avait atteint ses limites alors que les commandes se structurent et se multiplient", expose Vincent Muller, fondateur et dirigeant de la société. C’est ce qui a conduit l’entreprise à investir dans ses locaux pour y fabriquer des produits en série tout en gardant son centre de prototypage à Malestroit. Cette montée en puissance s’est aussi accompagnée de l’arrivée de Jocelyne Madec, ancienne PDG de Novatech Industries (Lannion), au poste de directrice générale et qui apporte son expertise sur cette phase d’industrialisation.
Un partenaire clé de la Défense
La Défense représente désormais près de 70 % de l’activité de Drone Act, qui travaille avec différentes armes et services de l’État sur des systèmes aériens sans pilote, utilisables en contexte militaire comme civil. La PME a récemment signé un contrat avec l’Amiad, l’agence ministérielle dédiée à l’intelligence artificielle de Défense, et anticipe d’autres marchés avec la DGSI et les forces spéciales.
"Notre chiffre d’affaires s’établit autour de 800 000 euros. Nos carnets de commandes nous permettent d’espérer atteindre les 3 millions d’euros l’an prochain. Nous pourrions également passer de 16 salariés à 26 sur la même période", poursuit Vincent Muller.
Un acteur engagé du " drone souverain "
Au-delà de ses contrats, Drone Act entend peser dans la structuration de la filière française du drone. En mai 2025, l’entreprise a rejoint le Pacte Drone, une initiative pilotée par la DGAC dans le cadre de France 2030, qui fédère industriels, opérateurs et pouvoirs publics autour d’une stratégie de souveraineté technologique.
Par cette signature, la PME bretonne affiche sa volonté de contribuer à une filière innovante et compétitive, capable de proposer des alternatives françaises crédibles aux systèmes étrangers. Elle s’appuie notamment sur des écosystèmes territoriaux comme la plateforme CT-Drone Ouest, en Bretagne, pour tester ses solutions, développer de nouveaux usages et renforcer les synergies avec les autres acteurs régionaux.
Une vitrine bretonne de l’innovation drone
Ancrée à Malestroit, Drone Act illustre la capacité des territoires bretons à faire émerger des entreprises de haute technologie sur des marchés stratégiques comme l’aérospatiale et la défense.
En changeant d’échelle tout en conservant sa culture d’ingénierie sur mesure, Drone Act ambitionne de devenir un partenaire industriel de référence pour les forces armées et les grands donneurs d’ordre, tout en s’impliquant dans la construction d’une filière drone française structurée, souveraine et durable.