Bloquée par des grévistes manifestant contre la réforme des retraites, la société DPA (Les Docks des Pétroles d'Ambès) a connu un mois d'octobre perturbé. Accueillant habituellement 300 à 500 camions-citernes par jour, la PME, qui pèse près de 6% des hydrocarbures consommés en France, a dû gérer des files d'attente interminables, assurer la sécurité du site et solliciter l'aide des forces de l'ordre. Constituant le maillon logistique entre les raffineries françaises ou étrangères et les réseaux de distribution de carburants situés dans le grand sud-ouest (Total, Esso, BP...), DPA a su faire face, gérant en parallèle les travaux liés à la réorganisation des flux de camions. La société, cotée en bourse, opère sur trois dépôts pétroliers (sites de Bassens, Bayon et SPBA à Ambès relié par pipeline à Bassens). Elle demeure le plus gros client du port, réceptionnant deux à sept navires par semaine, et a amorcé un tournant en 2009 pour se moderniser.
Optimiser les flux de camions
Désormais, les chauffeurs disposent à l'entrée du site de bornes d'accès interactives permettant des enregistrements numériques pour sécuriser et augmenter la rapidité des passages. Le local d'accueil des chauffeurs a été réaménagé et surtout, les travaux sur les postes de chargement de produits battent leur plein. Équipes chacun de six bras, polyvalents car donnant accès à une vingtaine de produits différents et d'additifs, sécurisés, ces postes de pompage devraient notamment permettre de réduire la gestion des temps d'attente. Deux autres postes ont déjà été modernisés en 2009, quatre sont en cours et les sept autres le seront d'ici à 2013. Des enveloppes d'investissements annuels d'environ 3 à 4M? sont ainsi planifiées.
Optimiser l'utilisation des bacs
«Notre priorité est également d'optimiser l'utilisation de nos bacs. Afin d'effectuer diverses inspections (épaisseur du métal, corrosion, état des soudures...), certains bacs étaient à l'arrêt durant des durées trop importantes. Nous faisons désormais en sorte que la durée d'arrêt soit limitée à moins de trois mois environ, en anticipant tous les travaux qui peuvent l'être», ajoute Patrick Moatti, P-dg de DPA et président de SPBA. Plans de formations et d'informations, renouvellement des modes opératoires... la machine est en route pour également «retrouver le coeur de nos métiers, la fierté d'appartenir à cette entreprise et effacer les séquelles de l'incident qui s'est produit sur une des cuves de SPBA en 2007».
Période tourmentée
DPA a connu une période tourmentée ces dernières années avec la rupture de cuve en 2007, ainsi que la baisse de consommation d'essence et la crise économique. «On a cependant désormais repris le contrôle. Sur ces quatre dernières années, le chiffre d'affaires de DPA est ainsi passé de 13 à 16M?. Nos investissements en cours, plus de 5M? en 2010 notamment pour les bacs, tout comme les travaux sur les postes de chargement, vont nous permettre d'avoir un outil parfaitement opérationnel, au meilleur régime, tant pour le stockage, le pompage que les sorties et de reprendre ainsi la main sur les trafics», conclut Patrick Moatti.
La société DPA, qui peut stocker jusqu'à 270.000m³ de gazole, essence et fioul domestique, est considérée comme l'une des plus grandes stations services d'Europe pour le chargement de camions-citernes. Elle amorce un virage en grande pompe pour se moderniser et être plus opérationnelle.