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Divalto : L'éditeur alsacien de logiciels veut devenir une ETI
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Divalto : L'éditeur alsacien de logiciels veut devenir une ETI

Un nouveau siège et un solide socle de solutions... Les ingrédients sont en place pour faire de Divalto une ETI. Premier jalon : atteindre les 30 millions d'euros de chiffre d'affaires d'ici à trois ans.

À l'occasion de son déménagement dans des locaux plus vastes (2.500 m²), à deux pas de ses anciens bureaux, Divalto vient de dévoiler sa stratégie de développement pour les années à venir. L'éditeur de logiciels est désormais prêt à prendre une nouvelle dimension. Il a d'ailleurs été identifié en 2015 par Bpifrance, dans le cadre de son nouveau programme « Accélérateur PME », comme l'une des soixantaines d'entreprises françaises ayant le potentiel de devenir un jour une ETI. Un objectif ambitieux pour l'entreprise d'Entzheim, qui emploie 200 personnes et a réalisé en 2014 un chiffre d'affaires de 16,9 M?. Mais pas fou pour autant, si ses résultats continuent de croître au rythme de ces dernières années. Une croissance moyenne annuelle à deux chiffres et un haut niveau de rentabilité (entre 1,8 et 2 millions d'euros par an) lui valent de figurer depuis trois ans dans le TOP25 des entreprises les plus performantes de France du classement L'Express/L'Expansion. Thierry Meynlé, président du directoire de Divalto, table sur un chiffre d'affaires de 21 millions d'euros cette année et vise les 30 millions d'euros d'ici à trois ans. « Nous finançons notre croissance par prêts bancaires mais l'entreprise est peu endettée. C'est un objectif difficile mais atteignable », estime-t-il.

Un socle de cinq solutions

Petit poucet de l'édition de progiciels il y a encore six ans, Divalto a patiemment posé ces jalons qui lui permettent aujourd'hui de venir titiller avec ses solutions des géants tels que Microsoft. Une mutation qui s'accélère ces dernières années. « L'entreprise n'est déjà plus celle d'il y a deux ans, pointe son dirigeant, Thierry Meynlé. Nous étions les champions des ERP à destination des TPE et PME. Nous avons étoffé notre offre de nouveaux logiciels notamment dans la mobilité. L'entreprise se veut désormais multiple. Cela nous ouvre de nouveaux marchés, notamment auprès d'une clientèle grands comptes, souligne-t-il. Il ne nous manque plus tellement de briques, sauf peut-être dans le e-commerce mais c'est un marché qui ne nous intéresse pas car il y a déjà deux gros acteurs, avec des solutions gratuites ». Parti d'un unique logiciel de gestion (ERP) pour les PME-ETI (Infinity), Divalto propose désormais un panel de cinq solutions différentes.

Devenir un pur player

Après le rachat de la société parisienne Idylis (2010) et son logiciel de gestion en mode cloud pour les TPE, Divalto a développé en interne Izy, ERP pour PME-PMI, puis racheté deux solutions à RBS (éditeur alsacien liquidé en mars 2014 dont elle occupe désormais les locaux), DS Agileo, solution de portails collaboratifs, et DS Mobileo, gestion de la relation clients accessible depuis smartphones ou tablettes (CRM mobile). Cette dernière a été complétée suite à l'acquisition en 2015 de l'éditeur SwingMobility, à Schiltigheim, « sauvant une trentaine d'emplois », indique le dirigeant. Ces deux dernières acquisitions lui ont ainsi permis de s'affirmer sur le marché des CRM mobiles. Cette activité représente déjà un quart de son chiffre d'affaires et lui permet de mettre un pied dans le marché des solutions « pur player » c'est-à-dire accessible par abonnement via internet et plus par l'achat de licences d'exploitation. Les abonnements en ligne pourraient représenter la moitié de ses ventes d'ici à trois ans contre 20% actuellement. Un modèle économique bien adapté à son mode de commercialisation indirect.

Accélération à l'international

Depuis ses débuts, Divalto s'appuie sur un réseau de distributeurs. « La plupart de nos concurrents opèrent aujourd'hui un virage en ce sens. Nous avons toujours maintenu ce cap et cela nous donne aujourd'hui un temps d'avance », estime Thierry Meynlé. Divalto s'appuie ainsi sur un écosystème de 300 partenaires (2.000 emplois) qui représentent un volume d'affaires de 180 M€. « Seul on va plus vite mais ensemble on va plus loin : c'est notre credo », assure le dirigeant. Plus loin, c'est-à-dire aussi à l'international. L'éditeur dispose déjà d'une filiale au Brésil et au Canada mais veut accélérer et faire passer l'export de 12 % de son chiffre d'affaires aujourd'hui à 25 % d'ici à trois ans en s'appuyant sur des masterdistributeurs. Pour structurer son développement à l'export, l'entreprise a constitué une équipe dédiée de trois personnes au siège. Déjà présente dans les pays francophones elle se déploie en Belgique, en Espagne ou encore en Tunisie.

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