Catherine Barthélemy, P-dg du groupe messin Manuloc.
Depuis plus de quarante ans, elle mène son entreprise spécialisée dans les métiers de la manutention, avec un effectif de plus de 1.200 personnes aujourd'hui. La présidente de Manuloc affiche l'objectif de doubler son CA à horizon 2020 pour atteindre 600 M?, via des croissances externes. Pourtant, rien ne la prédestinait à épouser ce destin d'entrepreneuse. Diplômée d'histoire-géographie, elle prend en 1971 la gérance de la Sermat, société créée par son père François Verpilleux, pour « rendre service. » Elle finira par racheter l'entreprise en 1985, et créer le groupe Manuloc, avant de lui donner l'envergure qu'on lui connaît.
Elisabeth Ferlet, P-dg d'Elisath, à Messein.
Diplômée d'une école de commerce internationale, Elisabeth Ferlet a créé Elisath en 1995. L'entreprise affiche aujourd'hui plus de 750 références, sur le marché du contrôle d'accès et de la billetterie. Régulièrement invitée à partager son expérience de chef d'entreprise orientée vers l'export, cavalière accomplie, Elisabeth Ferlet a recruté un consultant de choix en la personne de Pascal Gentil, ancien champion de taekwondo, pour se développer en Asie, et plus précisément en Chine. Elisabeth Ferlet a participé à l'installation du comité stratégique de la filière sport en avril à Bercy, en présence d'Emmanuel Macron.
Céline Gris, directrice générale du groupe Gris.
Pas facile de succéder à un personnage comme Francis Gris, le fondateur de Gris Découpage (CA 2014 : 36 M?, effectif : 182 personnes) et actuel président. À près de 40 ans, sa fille Céline parvient pourtant à imposer ses idées, qui permettent à l'entreprise de gérer sa croissance sur le marché de la rondelle technique et de revenir à des niveaux de chiffre d'affaires d'avant crise. Consciente de l'importance du management, la jeune dirigeante est impliquée dans le réseau Germe. « Il y a dans cette société un lien père-fille exceptionnel », soulignait Isabelle Champarnaud, présidente du Cercle économique lorrain. Un lien qui permet à la fille de prendre les rênes, en douceur, pour continuer à développer l'entreprise.
Jacqueline Lejeune, ancienne directrice générale du parc Walygator.
À 70 ans, Jacqueline Lejeune a déjà eu plusieurs vies. Suite au décès accidentel de son fils Olivier en 1988, elle reprend Olitec, l'entreprise qu'il avait créée et en fait un des leaders du marché du modem. En 2003, Jacqueline Lejeune passe 43 jours en détention provisoire accusée de détournement de fonds. Innocentée, elle ferme l'usine et réussit à reclasser les salariés. En 2013, elle prend la tête de Walygator et redresse l'affaire. Celle qui ne sait pas rester inactive n'a pas encore rendu ses futurs projets publics.
Sandra Renaud, directeur général d'Hydro Leduc à Azerailles.
Après avoir été directeur ventes et marketing durant 24 ans, elle prend en 2011 la tête de la société Hydro Leduc, spécialisée dans la conception et la fabrication de composants hydrauliques. Sandra Renaud, diplômée en marketing de l'Institute of marketing and management, a reçu de nombreux prix notamment pour la qualité de son management, mais également pour le succès d'Hydro Leduc à l'international, qui représente 65 % de son chiffre d'affaires (37 millions d'euros en 2014).
Sylvie Petiot, présidente de la Fédération française du bâtiment de Lorraine.
En 1995, quand on lui propose pour la première fois la présidence de la Fédération départementale du BTP, Sylvie Petiot se dit : « Ils sont malades, ces types de me proposer ça. Ils ont dû se dire, on va mettre une femme à la présidence, ça va faire le buzz ». Ce n'était pas la femme que l'équipe de la Fédération voulait, mais la dirigeante d'entreprise. Consensuelle, pleine d'empathie, passionnée par le bâtiment, Sylvie Petiot va bousculer la fédération comme elle a dirigé Lagarde et Mérégnani, entreprise où elle est rentrée au bas de l'échelle. CCI, Cesel, tout le monde la veut, jusqu'aux politiques. En rejoignant la liste de Laurent Hénart pour les municipales, elle a accepté une mission impossible : première adjointe chargée de l'économie. Un défi à sa mesure.
Elfrieda-Sylvie Blasczak-Desboeufs, dirigeante de SLTS.
Le thermolaquage, le zingage électrolytique ? Elfrieda Blasczak-Desboeufs maîtrise tous les sujets de la métallurgie sur le bout des doigts. Passionnée, la patronne de SLTS, société basée en Meuse, à Bouligny, le concède volontiers : « J'ai dû me battre davantage pour réussir dans un monde d'hommes ».
Anne Flesch, gérante de Pedon Environnement et Milieux Aquatiques.
Une femme entre deux cultures, à la fois luxembourgeoise et française. De ces deux mondes, Anne Flesch en a tiré tout ce qui fait sa force dans le monde de l'entreprise : le sens des affaires et une forme d'élégance sereine. Docteur en biologie de l'Université de Lorraine, elle a développé son entreprise tout en s'engageant sur tous les fronts : le Cesel, le Pôle de compétitivité Hydreos, le réseau Entreprendre en Lorraine Nord. Un agenda à rallonge, mais qui fait sens pour cette mère de trois enfants qui ne jure que par un mot : le réseau.
Christine Bertrand, présidente du Medef 54.
Des femmes présidente au Medef ? Christine Bertrand est bien une exception. Femme d'affaires en journée, femme de la campagne lorraine le soir, Christine Bertrand a eu plusieurs carrières dans les ressources humaines tout en jonglant avec sa vie familiale. Un défi qu'elle a relevé comme tous les autres, en s'entourant intelligemment. Au Medef, elle a trouvé un style inimitable, fait de prises de positions marquées par le bon sens, tout en étant capable d'interpeller vigoureusement élus et représentants de l'État.
Sophie Mayeux, gérante de Sdic Conseil.
Ne cherchez plus « Madame réseau », vous l'avez devant vous. Celle qui doit avoir le plus gros carnet d'adresses de Nancy fait le pont entre le monde des affaires et la politique. Elue à la mairie de Nancy, conseillère départementale, les petits-déjeuners qu'elle organise un vendredi par mois sont toujours très courus. Son agence de communication existe depuis 1981 et son engagement pour son métier lui a déjà valu quelques belles récompenses.
Qui a dit que le monde de l'entreprise était un monde d'homme ? Coup de projecteur sur dix femmes dirigeantes lorraines qui comptent. A leur manière, souvent dans des milieux trop machistes, elles ont su s'imposer. Et faire mieux que leurs homologues masculins.