C'est à partir d'un simple constat qu'Emmanuel Gréau et Karim Khouider ont créé Direct Optic en mars2008. Alors expatriés en Corée du Sud, ces deux anciens de Faurecia se rendent compte, qu'au pays du matin calme, l'optique coûte beaucoup moins cher qu'en France. «On a vu qu'il y avait tout simplement beaucoup moins d'intermédiaires en Corée entre le fabricant et le client final. On a donc décidé de raccourcir la chaîne d'approvisionnementet lancé un site internet de vente de verres et de montures», explique Emmannuel Gréau. Conséquence: les prix proposés par la jeune société peuvent être jusqu'à quatre fois moins cher que chez les opticiens classiques. «Nous réalisons le sourcing-nous vendons les mêmes produits que les opticiens traditionnels-la taille et le montage des verres ainsi que la logistique», indique Emmannuel Gréau. S'il ne communique pas sur son chiffre d'affaires, l'entrepreneur de 28 ans affirme commercialiser «plusieurs centaines de montures par semaine», ne pas avoir d'endettementet «avoir été profitable quelques semaines après le lancement de l'entreprise».
Com', boutiques et labo
Deux ans plus tard, celle-ci s'est installée à Nantes où elle emploie 15 personnes. «Nous avons validé le concept et sommes prêts à passer à la vitesse supérieure», assure Emmannuel Gréau. En cours de finalisation, une levée de fonds, dont le montant n'est pas communiqué, devrait intervenir d'ici à la fin de l'année auprès d'une société de capital investissement. «Ce que je peux vous dire, c'est que la somme sera considérable», assure Emmannuel Gréau, qui détient avec son associé la totalité des parts de cette SAS dotée d'un capital de 5.000€. Cette levée de fonds doit d'abord financer des campagnes de publicité grand public, Direct Optic, exclusivement présente aujourd'hui sur le web, cherchant à diversifier ses supports de communication. Le tour de table permettra aussi de déployer un réseau de petites boutiques physiques. «Nous y commercialisons certains produits que l'on ne peut pas vendre sur internet, parce qu'ils sont plus techniques ou plus haut de gamme, comme par exemple des lunettes pour enfant qui demandent davantage de réglages. Mais ces points de ventes sont avant tout des appuis pour le site internet qui reste notre coeur d'activité. Ils nous permettent de nous différencier des sites internet concurrents, tout en rassurant les consommateurs sceptiques sur la vente en ligne», explique le dirigeant d'origine vendéenne. Après une première ouverture à Nantes en octobre dernier, d'autres boutiques Eco Optic doivent ouvrir à Marseille, Bordeaux et Nice avant l'automne. À terme, les deux associés souhaitent mailler l'ensemble du territoire français. Enfin, la levée de fonds doit financer la création d'une nouvelle plate-forme de production «de plusieurs centaines de mètres carrés» à Nantes, regroupant un laboratoire de montage de montures ainsi qu'un centre logistique capable d'accompagner la montée en puissance commerciale espérée par Direct Optic. Là encore discret sur son prévisionnel, Emmanuel Gréau vise «plusieurs dizaines de millions d'euros de chiffre d'affaires dans les cinq ans».
Pionnier de la vente de lunettes sur internet, Direct Optic est en train de boucler une levée de fonds pour passer à la vitesse supérieure.