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Diafir : Besoin de plus de deux millions d'euros d'ici à 2019
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Diafir : Besoin de plus de deux millions d'euros d'ici à 2019

Biotech La société rennaise de diagnostic médical par spectroscopie à infrarouge prépare une levée de fonds pour produire ses propres matériels.

Diagnostiquer une maladie du foie, un cancer ou une infection osseuse à partir d'une simple goutte de sang, évitant ainsi une biopsie invasive, c'est la solution révolutionnaire de Diafir. La goutte est placée dans son petit capteur jetable traversé par une fibre optique qui, grâce à l'infrarouge, livre le diagnostic en une dizaine de minutes seulement au lieu de deux à trois jours habituellement. « Le temps est précieux en santé », souligne Hugues Tariel, 48 ans, président cofondateur de la biotech rennaise dont l'objectif est de s'équiper en matériel industriel pour fabriquer en grandes séries ses capteurs. Jusqu'à présent, ceux-ci étaient conçus au laboratoire Verres et céramiques de l'institut des sciences chimiques de Rennes, partenaire.




Un procédé innovant

La machine d'une tonne, de fabrication japonaise, devrait arriver cet été chez Diafir, installée plaine de Baud. Il s'agit d'un procédé de pressage-chauffage sous azote à partir de poudre, pour fabriquer des lentilles, sans perte de matière pour un coût inférieur à 40 % au procédé classique et en deux fois moins d'étapes. L'aménagement d'un atelier de 100 m² a été nécessaire. « Notre objectif est de produire une tonne par an », confie Hugues Tariel qui investit 600.000 euros dans cet outil innovant dont 50 % en prêt bancaire (auprès de la BPO), 25 % sur fonds propres et 25 % en prêt participatif - le premier breton via GwenneG - pour un emprunt à 9,05 % sur 48 mois. Mais Diafir prévoit un besoin de financement supplémentaire d'1,5 million d'euros d'ici à 2019, « pour l'effort de développement, notamment commercial ». Pour ce faire, il a participé au dernier Start West. Ses premiers capteurs ont été vendus l'an dernier ; les tests cliniques présentés en congrès à Paris en décembre 2015. La mise en production se fera en 2017. Diafir attend aussi son marquage CE après un audit ce mois-ci. « Cette machine entre dans un projet plus global à 2,5 millions d'euros avec Thalès et un contrat de recherche avec la DGA », explique Hugues Tariel. La part de Diafir revient à 1,2 million mais avec une subvention de 800.000 euros.




Atteindre 7 millions d'euros en 2019 avec 29 salariés

Dans son business plan, Diafir au chiffre d'affaires encore insignifiant (50 K? en 2016) prévoit d'atteindre les 7 millions d'euros de business et la rentabilité en 2019 avec 29 salariés. Le cap du premier million d'euros serait dépassé un an plus tôt avec 12 salariés. L'international se profilera fin 2016, à commencer par les États-Unis. Créée en 2011, Diafir compte aujourd'hui huit associés et six salariés et a déjà investi deux millions d'euros dans son process. Hugues Tariel en détient 50 %, Go Capital 28 % et le reste (22 %) se répartit entre d'autres actionnaires dont Joël Renault (3 %) du groupe breton de domotique Delta Dore. On imagine aisément les autres applications de ces technologies infrarouges notamment pour l'armée, l'automobile, l'agroalimentaire (qualité des eaux de rinçage avec le pôle Valorial) et, plus étonnant, la détection de pollution dans le vin via l'identification bactérienne... Des applications grand public pourraient émerger aussi avec les premiers téléphones professionnels avec caméra infrarouge intégrée. « Nous pouvons détecter beaucoup de choses, en théorie... L'infrarouge se diversifie, les coûts ont été divisés par 100 en 20 ans. » Pour l'instant, Diafir se concentre sur les maladies du foie comme la cirrhose (Nash), avec deux communications spécifiques faites dans un congrès majeur le 14 avril.



Géry Bertrande

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