«Nous avons été heureusement étonnés par la forte capacité de résistance des entreprises.» Loik Viaouët, président de l'Union des industries et métiers de la métallurgie Rhône-Alpes (Udimera), souligne même «des améliorations, faibles mais significatives» sur un échantillon de 700 entreprises rhônalpines, sur un ensemble de 8.000 établissements, depuis septembre. Les entreprises de l'Udimera subissent «beaucoup de stop-and-go» et connaissent des situations diverses selon leur secteur, avec par exemple le nucléaire, l'énergie, le médical et le scientifique qui se portent très bien, alors que les poids lourds sont sinistrés. Autre constat: les trésoreries sont dégradées et les sociétés risquent de connaître des difficultés de financement en attendant la reprise et de fonds de roulement pour la remise en marche. Benoît Dorsemaine, délégué régional d'Allizée plasturgie Rhône-Alpes, dresse un constat identique: il y a peu de défaillances d'entreprises, mais les trésoreries sont tendues, avec une visibilité quasi nulle, et la «situation sera délicate quand il y aura un peu de reprise et qu'il faudra acheter de la matière première». Première région française de plasturgie, Rhône-Alpes observe également une tendance aux synergies: «En moyenne, les entreprises de ce secteur sont des PME de 40 personnes. Elles mutualisent donc leurs ressources pour atteindre une taille critique en vue d'approcher de nouveaux marchés», explique Benoît Dorsemaine. Et si la plasturgie s'attend à «un premier semestre 2010 compliqué», le secteur reste optimiste et table sur des perspectives de développement à partir de 2011-2012: «Il existe une tendance de fond qui consiste à substituer nombre de matériaux par les matières plastiques.» La chimie rhônalpine est de son côté moins souriante. Après un premier trimestre 2009 durant lequel «les industries ont touché le fond du fond, avec une activité très basse, le deuxième trimestre a vu un rebond technique, mais sans plus de visibilité», affirme Jean-Jacques Gillot, délégué régional de l'Union des industries chimiques de Rhône-Alpes. Les troisième et quatrième trimestres de cette année devraient «confirmer cette reprise technique, sans permettre de retrouver une activité normale. En moyenne, toutes chimies confondues, le secteur aura perdu 7% de chiffre d'affairescette année». Pour 2010, il n'y a «pas encore de raisons de penser qu'il y aura un fort rebond. Les industries devront tenir le court terme. Mais la chimie croit en son avenir: la recherche et l'innovation restent des priorités pour préparer ?la chimie durable ?et tenir une place stratégique en France».
Le secteur industriel a été touché de plein fouet par la crise économique, dès l'automne 2008. Mais les entreprises tiennent bon et espèrent un début de reprise courant 2010.