Il y a un an, la mise en application de la loi de modernisation de l'économie (LME) suscitait encore pas mal d'interrogations et d'inquiétudes. À l'heure des premiers bilans, force est de constater que la réduction des délais de paiement à 60 jours nets, ou 45 fin de mois après facturation, s'avère globalement positive. La LME aurait engendré «une réduction globale des délais de règlement fournisseur, même si certains secteurs comme les transports, les services aux entreprises et l'industrie en ont davantage tiré profit que d'autres», analyse Thierry de Gennes, associé Deloitte, en s'appuyant sur les conclusions de l'étude «Premier retour de la LME» que le cabinet de conseil et Altares ont réalisé en février dernier. Du côté de la CGPME, on constate ainsi que les délais de paiement ont diminué ces derniers mois pour 58% des PME. Chez Deloitte, on estime même que «la LME aura un impact bénéfique sur les besoins en fonds de roulement évalué à 12milliards d'euros», indique Thierry de Gennes. Reste que la LME n'a pas non plus tout résolu. D'une part, «pour certains, du fait de la crise, respecter la LME ne fait qu'accroître les tensions sur la trésorerie», poursuit Thierry de Gennes. La pilule a ainsi du mal à passer dans une entreprise sur trois, indique-t-on à la CGPME. Notamment dans celles issues du commerce, de l'agroalimentaire ou du bâtiment. D'autre part, si le gouvernement a préféré régler la question des délais de paiement par une loi, le vieux rapport de force client/fournisseur n'a pas non plus disparu. La CGPME dénonce ainsi un certain nombre de dérives et de contournements comme des retards dans l'envoi du bon de commande, des pressions pour bénéficier de nouvelles ristournes commerciales ou encore le non-paiement, «pour 99% des PME», des intérêts de retards.
Sans être une révolution, la mise en place de la loi de modernisation de l'économie a globalement été positive en matière de délais de paiement.