Le pancréas bioartificiel (Mailpan®) mis au point par le Centre européen d'étude du diabète et dont le développement est porté par sa spin off, la société Defymed, à Strasbourg, est entré en phase d'études précliniques. Destinée aux personnes atteintes de diabète de type 1 (elles sont 25 millions dans le monde) cette technologie se présente comme une alternative aux traitements et aux greffes. « Nous devons comprendre comment interagissent nos matériaux dans le corps humain et tester leur résistance et leur étanchéité avant l'entrée en phase clinique, prévue pour fin 2015 », explique le docteur Richard Bouaoun, directeur R & D de Defymed, qui emploie six personnes dont quatre à temps plein.
Deux projets parallèles
Biosid, projet collaboratif européen, travaille depuis un an déjà à la validation fonctionnelle du Mailpan®. Il fédère autour de Defymed deux PME et trois organismes de recherches publiques français, anglais et belges. Les tests de résistance mécanique font eux l'objet d'un second projet collaboratif initié en février dernier, Mecabarp, grâce au concours des pôles d'innovation Alsace Biovalley et Materialia qui ont labellisé ce programme. Defymed s'est cette fois rapproché de partenaires lorrains : Arts, l'Institut Jean Lamour, Transvie Medical, Micromecha et Nimesis Technology. « L'Alsace est en pointe sur le biomédical, la Lorraine a, elle, une spécialisation reconnue dans les matériaux, c'est là que nous avons trouvé les laboratoires qui répondaient à nos exigences », souligne Richard Bouaoun. Le projet se découpe en trois phases clés : l'étude sur bancs d'essais et l'implantation in vivo (sur des mini-porcs) d'abord. Puis un banc d'essais avec tests 3D sera mis au point. « C'est la phase de test la plus sophistiquée qui existe actuellement, assure Richard Bouaoun. Avec l'affaire des prothèses PIP, la réglementation va se durcir, nous voulons anticiper ces normalisations en proposant le produit le plus sécurisé possible. »
Levée de fonds en vue
Coût global de ces études précliniques : quelque 10 à 12 M€... Loin des 3 M€ initialement budgétés lors de la création de Defymed en 2011. Sur les 7 M€ du projet Biosid, 5,5 M€ sont cependant financés par la Commission Européenne. Le projet Mecabarp est lui cofinancé par le ministère de l'économie, de l'industrie et de l'emploi, la région Alsace, la région Lorraine et la Communauté urbaine du grand Nancy à hauteur de 1,5 M€ sur un budget global de 2,2 M€. Defymed a finalisé en octobre dernier une première levée de fonds de 1,2 M€ auprès du CEED et du fond lorrain de matériaux (FLM). « Pour compléter nous allons lancer une deuxième levée de fonds d'ici à la fin de l'année », annonce Richard Bouaoun. Quand elle aura obtenu les premières preuves de concept cliniques chez l'homme, Defymed espère intéresser des groupes pharmaceutiques : « Si nous arrivons à vendre une licence, nous pourrons a priori autofinancer le développement d'autres projets de dispositifs médicaux bioartificiels que nous avons dans les cartons », pronostique le directeur.
Defymed
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