« L'innovation est indispensable, sinon c'est la mort assurée ! » Jean-Luc Allègre, le P-dg de la société familiale Décomatic, implantée à La Verpillière (38), est catégorique. Les trois axes de différenciation pour lui sont la qualité, le service et, donc, l'innovation, au sens large. Ce fabricant de manchons étirables (une "chaussette" qui tient par élasticité) et rétractables (qui épouse la forme du contenant en chauffant) s'adresse depuis 1956 aux fabricants de bidons et aux industriels, tels que Bayer, Dupont de Nemours, Lesieur, Air liquide, etc. Pour tenir face à ses concurrents, qu'ils soient sur les mêmes produits ou avec des offres alternatives telles que la sérigraphie, Décomatic dépose un à deux brevets par an. C'est par exemple cette PME qui a mis au point le "Pocket sleeve", avec une poche pour insérer un objet ou un document ; ou encore le "Booksleeve", sorte de livre en plastique intégré au manchon. Sa toute dernière innovation brevetée est un manchon avec une poignée « suffisante pour soulever un poids jusqu'à 5 kg et rendre le produit plus pratique », affirme le dirigeant.
Manchon pour fût
Mais la société sort parfois de son coeur de métier. C'est ainsi qu'elle a inventé une machine permettant d'enfiler un manchon sur un fût de 200 litres. « Cet un élément complémentaire qui doit nous ouvrir de nouveaux marchés, assure Jean-Luc Allègre. Les fûts sont habituellement sérigraphiés. Un manchon coûte moins cher et amène de la flexibilité dans la gestion des stocks car il peut être apposé au dernier moment. » Toutes les bonnes idées n'aboutissent pourtant pas. « Sur le long terme, 30 % de nos nouveautés durent. Mais les 70 % restants ne sont pas jetés pour autant. Nous pouvons les ressortir pour d'autres applications, ou plus tard, quand le marché est mâture. Il faut beaucoup de persévérance, mais ce n'est jamais perdu. L'étiquetage est indispensable pour n'importe quel produit et nous menons beaucoup de démarches commerciales. » Décomatic affiche donc un résultat net allant de 1 % à 3 %, avec des objectifs de croissance de chiffre d'affaires de 5 % annuels en moyenne, et se permet d'investir 400.000 € sur deux nouvelles machines pour s'ouvrir de nouveaux débouchés.
Pots de miel
Mais au-delà des innovations techniques, Décomatic sort des sentiers battus pour ses recrutements et la gestion de son personnel. Adhérente de la Charte de la diversité dès 2007 pour lutter contre les discriminations, utilisatrice de méthodes de recrutement par simulation avec Pôle emploi, elle a également investi 250.000 € depuis 2009 pour s'adapter aux travailleurs handicapés. « J'ai payé une fois une pénalité pour non-respect de quota de salariés handicapés. J'ai trouvé ça minable et décidé de renverser la vapeur, d'en tirer parti. Aujourd'hui, plus de 10 % des salariés sont en situation de handicap. Cette contrainte est devenue un argument, tout d'abord économique, nous ne payons pas de pénalité ; mais aussi humain, avec une fierté de l'ensemble du personnel d'être dans une entreprise concernée ; et de communication externe. » Dans un ordre d'idée similaire, Décomatic a installé des ruches pour produire son propre miel. « Il y a un aspect environnemental, explique Jean-Luc Allègre. Mais en plus, nous offrons à nos clients ces pots de miel avec un manchon autour, preuve que nous sommes capables de penser autrement ! »
Décomatic
(La Verpillière - 38) P-dg : Jean-Luc Allègre 105 personnes CA : 12 M€ 04 74 94 02 50 www.decomatic-sa.fr