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Déchets : Une déchèterie fluviale en gestation
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Déchets : Une déchèterie fluviale en gestation

Propreté. A l'occasion de Pollutec Sita, la filiale de Suez Environnement, la CNR, VNF (Voie navigable de France) et CFT (compagnie fluviale de transport) ont signé un partenariat visant à mettre au point une déchèterie fluviale à Lyon. Une des premières en France.

Savoir investir à l'instant T pour -au minimum récupérer sa mise au moment venu. Telle est la stratégie adoptée par quatre grands acteurs locaux de l'environnement à l'égard du Grand Lyon. Sita, la filiale de Suez Environnement, la CNR (Compagnie nationale du Rhône), VNF (Voie navigable de France) et CFT (compagnie fluviale de transport) ont signé mercredi 3 décembre sur le salon Pollutec un partenariat visant à mettre au point une déchèterie fluviale à Lyon. Alors que la capacité de stockage des déchèteries intra-muros de la ville est largement dépassée (celle du 9e arrondissement reçoit 15.000 tonnes de déchets par an pour une capacité de 7.000 tonnes), cette solution répondrait selon Serge Poncet, directeur délégué aux collectivités de Sita « à un besoin exprimé par le Grand Lyon ». Besoin auquel ces majors dans le transport, la logistique, l'énergie et le traitement des déchets cherchent à répondre. De quelle façon ? Chacun des quatre partenaires propose de mettre une partie de ses compétences et moyens au profit de ce projet, qui pourrait voir le jour en 2015 à Lyon si la collectivité le valide. Dès lors une barge spécifiquement aménagée se déplacerait le long du Rhône et de la Saône. « Elle accostera pour une journée sur la berge. Nous déploierons une zone « grand public » avec des bacs de tri dans lesquels les particuliers déposeront leurs déchets. Et un triporteur électrique fera les allers-retours pour vider les conteneurs et remplir la barge » décrit Serge Poncet. Ce triporteur pourrait même collecter les encombrants aux pieds des immeubles pour les transporter à la barge. Celle-ci sera déplacée à l'aide d'un pousseur électrique alimenté en énergie renouvelable, déployant 1.150 tonnes de poussage soit l'équivalent de 50 camions.




Pari sur l'avenir

Le modèle économique de ce dispositif n'est pas encore au point. Serge Poncet admet qu'il s'agit à ce stade « d'un investissement, un pari sur l'avenir » puisque « le coût d'exploitation serait plus élevé de 40 à 50 % environ que pour une déchèterie classique. Mais il faut considérer qu'aucun investissement foncier ou dans le génie civil n'est nécessaire. De fait, créer une déchèterie en ville exige selon ce spécialiste « entre 8 et 9.000m² de foncier », de plus en plus inenvisageable en pleine ville. En quoi les différents acteurs de ce projet s'y retrouveront-ils financièrement ? Personne ne sait encore répondre à cette question. D'autant que les déchets collectés qui seront réceptionnés par des camions au Port Edouard-Herriot ne seront pas forcément ventilés vers les centres de valorisation de Sita mais pourront très bien être orientés vers les concurrents tels que Veolia ou Séché par exemple. L'initiative vise pour l'heure à séduire une collectivité locale majeure et très observée en France, pour éventuellement ensuite dupliquer le modèle ailleurs.




Le Grand Lyon attentif

« Nous répondons à un besoin exprimé par la collectivité, nous sommes quatre acteurs locaux de l'environnement et espérons que le Grand Lyon sera sensible à notre démarche » expose Sita. La CFT veut quant à elle démontrer que « le fleuve ne doit plus être tourné uniquement vers le tourisme mais se tourner aussi vers le transport industriel », ajoutant que se développe en France un programme de recherche pour booster le développement de la logistique urbaine autour des fleuves. Du côté du Grand Lyon, l'ingénieur en charge du suivi de ce projet, Isabelle Fontany, se montre plutôt séduit par l'initiative. « Évidemment cela nous intéresse puisque nos déchèteries sont saturées. Je ne dis pas que l'on va signer mais le projet retient notre attention. Je vais piloter des groupes de travail qui étudieront la faisabilité technique, financière et juridique afin de déterminer si nous suivons cette initiative, explique-t-elle. Cela peut nous faire réaliser des économies car aujourd'hui avec l'usage des voitures qui diminue nous faisons face à des dépôts sauvages dans les rues, dépôts qui nous coûtent entre 600 et 700 euros la tonne collectée ». La décision pourrait être prise au cours du premier trimestre 2015.

Sita



(Lyon) DG régional : Christophe Thevenon 1.825 salariés CA 2013 : 350M?


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