Bertrand Malapert,
directeur des entreprises et de l'international, Crédit agricole Sud-Rhône-Alpes (CASRA).
Les entreprises souffrent aujourd'hui d'une tension sur les crédits. Pourquoi?
La couverture du risque crédit est devenue plus complexe depuis 2004 et les accords Bâle II. Pour le législateur, il s'agit d'assurer la solvabilité des banques lorsqu'il existe des tensions sur les risques. Le niveau du risque détermine le montant des fonds propres mobilisés par le prêteur. Pour évaluer ce risque, les banques ont mis en place un système de notation pour l'ensemble de leurs clients. Mais la crise de 2008 a fait surgir des problèmes de liquidités. Ce nouveau risque, qui pèse sur le système bancaire, a conduit à une évolution de la réglementation vers Bâle III.
Avec quelles conséquences?
Il est demandé aux banques de constituer encore plus de fonds propres et elles privilégient ainsi les bonnes cotations des entreprises à qui elles prêtent. Donc le système est encore plus discriminant.
D'autant que les banques sont aussi obligées de respecter certains ratios de liquidité à court et moyen termes. Pour elles, la solution passe par l'arbitrage de certaines de leurs activités. Ainsi, le CASRA ne financera plus d'opérations hors de son territoire. Cependant, aujourd'hui, il est surtout difficile de trouver des entreprises qui investissent...
Sur quels leviers les entreprises peuvent-elles jouer?
Dans des conditions où le crédit est plus rare et plus cher, les entreprises peuvent jouer la transparence, faire du reporting, mettre en place des tableaux de bord, se mettre en relation avec leurs banques pour rétablir la confiance. Les banques, qui sont aussi en recherche de ressources, s'attendent à des contreparties. Si bien que pour l'entreprise, il convient d'avoir suffisamment de partenaires bancaires, mais que chacun s'y retrouve. Reste le problème du cash. Les entreprises doivent travailler leurs besoins en fonds de roulement et garder une bonne vision de la composition de leur trésorerie. Les banques disposent d'outils de financement pour les besoins de croissance rapide, comme l'affacturage. Bâle III, dont l'application est prévue en juin2012, va changer la relation de l'entreprise avec sa banque.www.ca-sudrhonealpes.fr
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