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Crowdfunding : Un élan de solidarité pour GwenneG
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Crowdfunding : Un élan de solidarité pour GwenneG

La plateforme régionale reçoit le soutien de dizaines de patrons bretons qui veulent s'investir pour leur territoire. GwenneG finalise en effet une augmentation de capital.

Lancée à Rennes à l'été 2015, la plateforme de crowdfunding GwenneG (« petit sou » en breton) faisait déjà du prêt et du don avec un certain succès. En dons, sur 27 projets relayés en ligne, 24 ont réussi à collecter un total de 127.000 ?. On peut citer les lunettes en bois Koad ou encore l'appli de jeu Combat de Coqs qui a fait le buzz. Côté prêts, une dizaine de projets sont actuellement à l'instruction. GwenneG aura sans doute bientôt une troisième corde à son arc, en soutenant également le capital d'entrepreneurs en manque de financements. Son président fondateur Karim Essemiani veut prouver qu'« en Bretagne, on peut faire les trois ». Son objectif 2016 : sept projets en capital pour 2 millions d'euros dont cinq sont déjà dans les tuyaux.






Déjà une centaine d'engagements

Pour devenir conseiller en investissement participatif (CIP), objectif initial de Karim Essemiani et pour lequel il a obtenu un premier sésame le 22 décembre suivi d'une certification le 8 janvier, GwenneG doit maintenant elle-même augmenter son capital dans les prochaines semaines d'au moins 200.000 ? et du double dans l'idéal, selon la réglementation en vigueur. L'autorité des marchés financiers (AMF) a durci les conditions d'accès des 90 plateformes en France. Le tour de table sera bientôt finalisé vu la solidarité singulière des patrons bretons et la mobilisation propre à la Bretagne. « Nous assistons à un élan unique en France. GwenneG interpelle beaucoup, car les modes collaboratifs sont des modes d'avenir. Nous réinventons le circuit court, se félicite Karim Essemiani. Des entreprises qui viennent nous voir n'ont pas besoin d'argent mais de communication. Recourir au crowdfunding, c'est prouver son leadership vis-à-vis d'autres investisseurs », sourit le porteur de GwenneG dont le capital sympathie rayonne sur toute la région. À ce jour, la mobilisation spontanée d'une centaine de personnes a déjà permis de collecter plus de 100.000 ?, à hauteur de 1.000 ? en moyenne chacun. On pourrait appeler cette opération inédite « 200 (ou 400) pour 1.000 ».




Pas une affaire de gros sous

Parmi ces investisseurs, on reconnaît des cadres et dirigeants dont certains déjà bien engagés pour leur territoire et membres de clubs divers. Pour eux, c'est tout sauf une affaire de gros sous et de spéculation... Pierre Berthou, président de la French Tech Rennes - Saint-Malo et dirigeant de Futurskill (44 salariés, CA : 4 M?), s'engage à titre individuel en faveur d'une économie collaborative ancrée localement. « Je crois à la notion d'engagement personnel et à la capacité à se mobiliser en nombre, confie-t-il. Ce projet collectif a du sens, pour l'économie de la région. Nous ne faisons pas ça pour gagner de l'argent ! Nous ouvrons une voie qui peut être intéressante pour d'autres projets... », ajoute-t-il percevant GwenneG comme « une source de financement supplémentaire qui a toute sa place pour démultiplier les projets. » Pour Christian Quéffelec, dirigeant finistérien du groupe rennais d'audit de la performance de réseaux télécoms Astellia (480 salariés, CA : 51,2 M?), « la Bretagne a pris l'habitude de se retrousser les manches pour contourner ses handicaps, c'est en s'unissant qu'on réussit », déclare-t-il convaincu que « toutes les initiatives qui ont vocation à canaliser les moyens de financement sont bonnes et se complètent sans se concurrencer ».




Des convictions partagées

À Roscoff, Laurent Meijer, fondateur de la biotech ManRos Therapeutics essentiellement basée sur de la R & D depuis 2007 (11 salariés), parle de « coup de coeur ». Il lui était important de s'engager pour trois raisons : d'abord pour le porteur du projet Karim Essemiani, « un battant qui a le sens de l'entreprise » ; mais aussi pour « ce système de financement participatif d'avenir et ses valeurs », et enfin " pour le sentiment d'appartenance au territoire » en faveur duquel il est persuadé de participer à « quelque chose d'utile »... Et Luc Avril, patron de la société informatique rennaise Genious Interactive, de paraphraser Kennedy : « Ne te demande pas ce que la région Bretagne peut faire pour toi mais demande-toi ce que tu peux faire pour la région Bretagne. » Le réseau Produit en Bretagne a également décidé d'apporter son influence à GwenneG qui avait déjà noué un partenariat stratégique il y a quelques mois avec Nestadio Capital, le fonds de Florent de Kersauson.
Contacts : 07 82 13 98 47 ; www.gwenneg.bzh

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