Crise : Des chefs d'entreprise dans l'expectative
# Conjoncture

Crise : Des chefs d'entreprise dans l'expectative

Avec la crise boursière du mois d'août, la rentrée économique 2011 se fait timide et incertaine. Si les banques restent sereines, les patrons de PME girondines portent un regard mitigé et sont dans l'expectative.

Trois ans après la crise des subprimes, une seconde crise économique pointe en France. Mais la nature de celle-ci, «très différente de la première car il s'agit ici d'une crise de la dette publique», précise Pierre Delfaud, professeur de sciences économiques à l'Université de Bordeaux, laisse les chefs d'entreprise dans l'expectative en cette rentrée 2011.




Attentisme

«Nous sommes dans un entre-deux. Certains secteurs sont inquiets le bâtiment notamment, d'autres moins comme l'aéronautique qui a engrangé beaucoup de commandes ces derniers mois, explique Jean-François Cledel, le président du Medef Gironde. Le second trimestre risque d'être un peu mou, c'est l'attentisme.» «Je pense que cette crise si elle est moins brutale sera sans doute plus longue que la précédente, précise Pierre Delfaud. En Aquitaine, agriculture et industrie devraient être peu touchées. En revanche les commerces et les services devraient souffrir car les mesures annoncées par le gouvernement devraient probablement impacter fortement la consommation.» Des mesures qui ne font d'ailleurs pas l'unanimité chez les patrons. «Même si je salue la volonté de l'État de diminuer la dette, les mesures prises notamment sur les heures supplémentaires pourraient jouer sur la compétitivité de la France», ajoute Jean-François Cledel. Michel Dumon, le président de la Capeb Gironde, est du même avis: «La limitation de l'exonération des charges sociales va entraîner un renchérissement du coût du travail. Je trouve également dommage d'avoir raboté le crédit d'impôt développement durable. Les petites entreprises du bâtiment qui ont des trésoreries faibles sont inquiètes.»




Inquiétude quant à l'attitude des banques

Ce qui préoccupe aussi beaucoup les chefs d'entreprisegirondins, c'est l'attitude des banques. «Si elles perdent confiance entre elles, cela aura des conséquences sur les financements accordés aux entreprises et donc sur nos investissements», précise Jean-François Cledel. «Une hausse des taux d'intérêt me paraît inévitable, explique Pierre Delfaud. Or si les taux montent cela va renchérir le crédit, les banques risquent d'être moins généreuses et ceux qui ont des problèmes de trésorerie seront encore plus en difficulté.»

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