En 2015, les crédits à l'économie ont enregistré une progression de 3,9 %, nettement supérieure à la croissance économique, pour un encours total approchant le niveau record de 2, 1 milliards d'euros, selon les statistiques de la Banque de France. Cet encours se répartit à peu près également entre les particuliers et les entreprises. L'encours de crédits aux entreprises a crû de 4,1 % sur un an pour atteindre 871 milliards d'euros au total. La France se situe ainsi au meilleur niveau de la zone euro pour les crédits accordés aux entreprises. « Le système bancaire est solide et, contrairement à d'autres pays de la zone euro, l'offre de crédit ne semble pas limiter l'activité économique : la majorité de la demande des entreprises paraît être satisfaite, même pour les PME », analyse l'OCDE. Dans les Pays de la Loire, la progression des encours de crédits aux entreprises a été longtemps supérieure à la moyenne nationale avant de se tasser légèrement en 2015. Elle s'établit à + 3,8 %, contre donc 4,1 % au niveau national. « La crise économique est longue et dure. Pendant longtemps, les entreprises ligériennes ont mieux résisté que les autres, notamment grâce aux nombreuses ETI qui disposent de fonds propres. Mais les plus petites structures s'essoufflent et les espoirs de reprise ont été douchés en 2015. Selon moi, il y a actuellement beaucoup d'attentisme chez les chefs d'entreprise », analyse Olivier de Marignan, directeur général de la Banque Populaire Atlantique et président du Comité des banques FBF des Pays de la Loire.
Pas de reprise de l'investissement dans les PME-TPE La moitié des crédits mobilisés en faveur des entreprises ont bénéficié à plus d'un million de TPE et de PME. « Le financement des TPE-PME est la première priorité stratégique des banques françaises. L'encours des crédits qui leur a été accordé a progressé de 2 % en 2015. 94 % des demandes de crédits d'investissement reçoivent une réponse favorable, et 84 % pour les crédits de trésorerie. Les taux d'intérêt sont historiquement bas à 1,97 %. Il n'a jamais été aussi facile d'amortir ses investissements », se félicite Marie-Anne Barbat-Layani, directrice générale de la Fédération Bancaire Française. Bémol à cette satisfaction, on ne constate pas de franche reprise de la demande d'investissements de la part des entreprises, avec une disparité assez forte selon leur activité. « Les entreprises tournées vers l'export et celles qui ont franchi le pas de la digitalisation se montrent beaucoup plus dynamiques dans leur politique d'investissement que les autres », note Marie-Anne Barbat-Layani. En revanche, un autre motif de satisfaction porte sur le taux de saisine de la médiation du crédit qui a diminué de moitié entre 2011 et 2015 et concerne désormais essentiellement les TPE. Parallèlement, les banques se sont engagées depuis 2014 à répondre rapidement aux demandes de crédit des entreprises et à expliquer leur éventuel refus. « À la BPA, 70 % des demandes de crédit des entreprises sont accordées en l'état et 90 % après en avoir rediscuté du projet avec le chef d'entreprise. Plus celui-ci nous consulte en amont, plus nous pouvons jouer notre rôle de conseiller et travailler en partenariat dans la durée », souligne Olivier de Marignan.
Caroline Scribe
Conjoncture En 2015, si l'encours de crédits aux entreprises a cru de 4,1% en France, la demande des entreprises s'est légèrement tassée dans les Pays de la Loire.