Le Crédit Coopératif a signé fin mai avec la Banque européenne d'investissement l'ouverture d'une ligne de crédit de 150M€ pour soutenir les investissements de ses PME clientes. Alors que la fusion Banque Populaire/Caisse d'Épargne prend corps, le Crédit Coopératif, petit poucet du futur groupe nº2 bancaire français
(*), semble tirer son épingle du jeu de massacre de valeurs financières. «Nous nous en sortons bien», confirmait Patrick Pesson, président du comité de Région Bretagne du Crédit Coopératif lors de l'AG des sociétaires, le 23avril à Larmor-Plage. «Notre coeur de métier reste la banque de détail, nous sommes restés à l'écart des subprimes, des actifs et produits toxiques.» Le Crédit Coopératif, qui appartient à ses clients sociétaires, essentiellement issus du secteur associatif, n'est pourtant pas complètement sorti indemne de la crise financière. «Nous regrettons de ne pas avoir été écouté à propos de Natixis, qui est aujourd'hui une très douloureuse expérience», ajoutait Patrick Pesson.
?Revue de portefeuille ?
Le Crédit Coopératif avait placé sa trésorerie excédentaire dans des obligations ou emprunts d'État qui ont été emportés lors de la défaillance de Lehman Brothers et des deux banques islandaises Kaupthing et Landsbanki. «Depuis, nous avons effectué une revue de portefeuille», explique Bruno Willems, directeur régional Aquitaine. «Nous nous sommes concentrés sur des obligations d'État et des banques bénéficiant de la garantie d'État.» Présent dans deux autres départements bretons (le Finistère et l'Ille-et-Vilaine), le Crédit Coopératif affiche de bonnes performances dans le Morbihan, où il est implanté à Lorient. Son PNB y est en progression de 20% et la banque y a pour clients 320 associations, 160 PME-PMI. À l'échelon breton, le Crédit Coopératif représente 1.400 associations et 470 petites entreprises pour un PNB de 4,5M€ (hors versements de crédits d'investissements) et une trentaine de salariés. Côté particuliers, sur 4.000 comptes en Bretagne, 900 sont basés à Lorient, un chiffre en augmentation de 15%. «Notre vocation, c'est l'économie sociale et solidaire», insiste Sébastien Devisch, directeur de l'agence de Lorient. «Nous essayons aussi d'être actifs sur le développement durable, d'être une banque utile à nos sociétaires.»
(*) Le Crédit Coopératif est depuis 2003 l'une des sociétés mères, à hauteur de 2,01%, de la Banque Fédérale des Banques Populaires, organe central du réseau Banque Populaire.
Le Crédit Coopératif signe une nouvelle ligne de crédit avec la banque de l'UE. Intégré à une méga fusion bancaire, cette banque au capital coopératif n'en défend pas moins son pré carré de l'économie sociale.