Dix à 15millions d'euros seront investis d'ici à 2013 par le Crédit Agricole du Morbihan dans un projet informatique qui va révolutionner le groupe au niveau national. «L'investissement du siècle», assure Hubert Brichart, le directeur général. Les 39 caisses régionales de l'hexagone se verront bouleversées en profondeur, avec une nouvelle interface informatique améliorée, à destination des clients et des collaborateurs.
La coopération a du bon
Fruit d'un travail collaboratif entre l'ensemble des caisses régionales du Crédit Agricole, ce projet informatique est le symbole de la coopération. «Un statut protégé pendant la crise», juge Christian Talgorn, président, qui se félicite du fonctionnement démocratique de la banque verte. Banque qui a enregistré 12.000 nouveaux sociétaires en 2010. Ils sont désormais 153.000, soit 40% des clients, à posséder un peu de leur banque, et à avoir le droit de vote aux assemblées générales. «Ce sont eux qui assument les 30millions d'euros de fonds propres de la caisse», poursuit-il. Des fonds propres qui permettent également à la première banque du Morbihan d'afficher des résultats financiers en hausse. Signe encourageant deux ans après le passage de la tempête économique.
1,371milliard d'euros de crédits: un record
Ainsi, en 2010 le produit net bancaire, en augmentation de 6,4%, pèse 234,2millions d'euros. Le résultat brut d'exploitation, en hausse de 8,7% sur un an, s'élève à 106,8millions d'euros. Un niveau enfin équivalent à celui de 2007, avant la crise. Le résultat net affiche 55millions d'euros, en progression de18,1% par rapport à 2009. Cette santé financière s'explique par une hausse de l'épargne (9,3millions d'euros) et une légère reprise économique, dans un contexte d'inflation stable. «Mais qui ne devrait pas le rester en 2011», présage Hubert Brichart. L'octroi de crédits affiche cette année un montant record: 1,371milliard d'euros. En hausse de 21% par rapport à 2009. La raison? La forte hausse des crédits immobiliers en 2010, qui représentent 46% des encours de crédits, soit 631millions d'euros. Dont un tiers est consacré aux primo accédants. «Ces derniers ont bénéficié d'effets d'aubaine grâce au prêt à taux zéro de l'État», poursuit Hubert Brichart.
483millions d'
euros de crédits aux investissements
Au total, les industries, PME, commerçants, artisans et agriculteurs morbihannais ont levé 483millions d'euros auprès de la banque verte pour des crédits à l'investissement en 2010. Sur un total de 350 dossiers reçus l'an dernier. Un chiffre en sensible baisse - 520 en 2007 - à l'inverse des demandes de crédits en trésorerie. Les commerçants, artisans et professions libérales ont contracté 190millions d'euros de crédits. Un montant loin des 213millions d'euros obtenus en 2006, avant la crise. «Leurs carnets de commandes étaient alors de 18 mois, aujourd'hui il ne sont que de trois mois», précise Hubert Brichart.
L'agriculture en peine
Suit la filière agricole, avec 153millions d'euros de crédits, dont 27millions au titre du prêt Flexi Agri mis en place par l'État pour consolider la trésorerie des exploitants. Sans cette nouvelle ligne de crédit, l'appel aux aides à l'investissement des agriculteurs reste moindre par rapport à 2009 (134millions d'euros) ou 2008 (159millions d'euros). Si le Crédit Agricole demeure le premier financeur de l'agriculture dans le Morbihan, l'activité est en peine en 2010. Avec des secteurs en difficulté d'après Hubert Brichart: «L'ostréiculture, par exemple, ou la filière porcine qui vit par effet rebond les difficultés de ses fournisseurs en matières premières. Les éleveurs laitiers sont les premiers utilisateurs des mesures Flexi Agri.» Les entreprises, elles, auraient anticipé la reprise d'activité en relançant les investissements à temps. Leurs projets pèsent pour 140millions d'euros de crédits auprès de la banque verte. Et bien que ce chiffre soit loin des 158millions d'euros accordés en 2007, il est en augmentation de 11% sur un an. «Les prévisions pour 2011 restent timorées», prévient le directeur. «Nous tablons sur -2,6% d'évolution globale des investissements cette année». En cause? Le manque de visibilité. «Les entreprises doivent anticiper des perspectives à long terme avant d'investir», analyse Hubert Brichart. Si le secteur du bâtiment et des travaux publics semble sortir plus tardivement de la crise, le directeur du Crédit Agricole prévoit de gros chantiers à l'horizon pour les PME morbihannaises, avec la ligne à grande vitesse et l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes.
Banque Dans un contexte de reprise timide et lente de l'économie, la première banque du Morbihan affiche des résultats financiers en hausse.
2012 sonnera l'année de la transition avec la mise en oeuvre d'un projet informatique colossal.