Remises de prix, concours, défis mettant en avant créateurs et repreneurs d'entreprises... Il en existe beaucoup en Bretagne. Des rendez-vous essentiels dans la vie d'un porteur de projet lauréat. Au-delà d'une aide financière, d'un soutien logistique ou d'un accompagnement, c'est aussi l'occasion de faire un peu de promotion autour de son activité, et ainsi peut-être trouver des prospects ou des partenaires. Un ballon d'oxygène que l'on doit bien souvent à des réseaux. Leur point commun: une forme associative et une équipe formée de chefs d'entreprises bénévoles. Des patrons, en activité ou à la retraite (lire témoignage), qui restent bien souvent dans l'ombre. Non pas qu'ils aient quelque chose à cacher. La raison tient plus au fait qu'ils préfèrent mettre en avant le porteur de projet qu'ils accompagnent.
Richesse de la diversité
«On a dans notre réseau 160 chefs d'entreprises actifs, c'est-à-dire à jour de leur cotisation*», explique Gilbert Jaffrelot, directeur du Réseau Entreprendre Bretagne. Un regroupement de patrons bénévoles dont l'antenne bretonne a été créée en 2003. » Ces chefs d'entreprises sont très différents et c'est notre richesse», poursuit Gilbert Jaffrelot, ancien pharmacien et ex-directeur de l'APM au niveau national. «On a des experts-comptables, designers, des dirigeants issus de l'agroalimentaire, des nouvelles technologies... Je crois beaucoup à cette diversité. Tous sont attirés par la notion d'entrepreuneuriat et ils ne sont pas du tout indifférents à l'écosystème.» Le directeur de Réseau Entreprendre Bretagne s'explique. «Tout ce que l'on fait à une incidence. Si l'on veut participer à un environnement collectif, il faut que chacun apporte sa contribution.»
Règles strictes
Le retour pour ces bénévoles? «Les tendances se perçoivent plus facilement, l'information circule.» Reste que comme toute association, le réseau breton est obligé de se battre pour trouver de nouveaux candidats au bénévolat. «Ceux qui refusent vous diront qu'ils n'ont pas le temps ou bien qu'ils sont beaucoup sollicités et qu'ils donnent de l'argent partout. Mais quand ils y ont goûté, ils voient qu'il y a de la richesse.» Quant aux mauvaises langues qui imaginent que si les bénévoles sont aussi actifs, c'est pour détecter de nouvelles pépites dans lesquelles ils pourraient investir, Gilbert Jaffrelot rassure. «Une personne qui accompagne ne peut jamais mettre de l'argent dans une entreprise qu'elle suit pendant la durée du prêt d'honneur.» C'est-à-dire cinq ans.
* Réseau Entreprendre Bretagne Tél.02.99.36.22.76. www.bretagne-entreprendre.fr
Porteurs de projets, créateurs et repreneurs d'entreprises sont très largement mis en avant en Bretagne à travers tout un tas de concours, remises de prix, défis... Des opérations nécessaires qui participent au dynamisme économique de la région et que l'on doit bien souvent à des associations de chefs d'entreprises bénévoles. Des dirigeants, en activité ou à la retraite, qui consacrent une partie de leur temps à épauler leurs jeunes pairs. Sans faire de bruit ni rechercher la gloire.
Philippe Créhange et Hélène Collet